Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Dix, vingt, trente pour cent de la population française sont confrontés à une insuffisance de revenus due au chômage, au sous-emploi ou à des rémunérations et des retraites bien trop basses. La stagnation du PIB de notre pays, pour quelques temps encore, ne doit en aucun cas empêcher de prendre ce problème en considération sans attendre. Pour deux raisons : d'abord, parce que cette injustice sociale, aliénante et discriminante, n'est pas tolérable dans notre république éprise de liberté, d'égalité et de fraternité ; ensuite parce que améliorer le pouvoir d'achat de ces nombreux ménages est l'un des meilleurs moyens de contribuer à relancer la consommation, l'activité, la croissance et, par conséquent, à augmenter le nombre d'emplois et les ressources de la puissance publique et de la protection sociale.
Relever sensiblement dès à présent les plus bas salaires et tous les revenus de substitution est donc une impérieuse nécessité qui doit nous conduire à repenser la redistribution du PIB aussi bien que la répartition de la masse salariale. Les évolutions de la fiscalité et de la réglementation qui sont les instruments d'une telle politique doivent être mises rapidement à l'agenda du gouvernement et du législateur. Il ne serait pas concevable que nos nouveaux dirigeants, de culture sociale-démocrate, ne s'échinent pas à résoudre un dysfonctionnement patent de notre société que leurs prédécesseurs ont fait si longtemps mine d'ignorer.