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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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Après les municipales, l'européenne

 

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Les Français viennent de choisir leurs représentants dans les trente-six-mille-six-cent-soixante assemblées d'élus des communes de leur pays. Ils vont, dans quelques jours, effectuer semblable geste démocratique, mais cette fois-ci à l'échelon d'un continent, pour désigner, de concert avec les citoyens de vingt-sept autres pays, une unique et grande assemblée de représentants du peuple, celle des députés européens.

 

Dans la plupart des médias et dans la tête d'un certain nombre d'électeurs, les eurosceptiques ont le vent en poupe et parmi eux, des souverainistes, des europhobes, des nationalistes, des xénophobes et autres chasseurs de bouc émissaire. Dans le prochain parlement européen, ceux-là seront sans doute plus nombreux encore que la fois précédente, mais, quoiqu'il en soit, ils y resteront très minoritaires, de surcroît toujours divisés, et continueront ainsi de ne rien peser dans les votes de cette assemblée. D'autant qu'ils prétendent que l'Europe n'est pas le bon niveau pour prendre des décisions politiques, en matière d'économie ou d'écologie notamment, ce en quoi ils ont évidemment tort.

 

Le fait est que, à l'arrivée, deux principaux groupes de députés, de loin les plus importants, seront en mesure d'animer et d'orienter l'action du parlement européen : le PPE composé de conservateurs et de libéraux (et même de réactionnaires) et le PSE, celui des sociaux-démocrates qu'abondent les partis socialistes de tous les pays de l'Union. La seule question qui est posée par ce scrutin c'est de savoir lequel des deux sera le plus nombreux et, dès lors, à même de faire élire dans ses rangs le nouveau président de la Commission et bien sûr le président du parlement lui-même. De savoir si la droite qui, aujourd'hui majoritaire, conduit la politique européenne depuis dix ans, avec les insuccès que l'on sait et que l'on subit, va garder la main ou la passer à la gauche pour les cinq prochaines années.

 

Regardons les choses en face. PPE et PSE n'ont pas la même vision de l'Europe et ne lui assignent pas les mêmes objectifs : la concurrence n'est pas la solidarité, ni le marché libre l'intérêt général, ni l'austérité le pouvoir d'achat, ni la suprématie de la finance l'emploi. Et pourtant, au lendemain de l'élection, l'un de ces deux groupes aura obtenu démocratiquement le leadership sur une bonne part de la gouvernance de l'Union européenne. Et il n'y a pas d'autre alternative.

 

 

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