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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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Élections régionales : Arriver à bon port.


Pour les prochaines élections régionales, les sondages se suivent et se ressemblent : La gauche serait gagnante à peu près partout, favorisée notamment par le discrédit qui fait chavirer le président de la république, son gouvernement et sa majorité, tous embarqués dans la campagne. Portée aussi par les bons bilans des nombreux exécutifs régionaux pilotés par des Socialistes. Aidée enfin, ici ou là, par la remontée d'un parti d'extrême-droite qu'on aurait pu croire submergé pour longtemps.

A moins d'un mois du deuxième tour de ces élections annoncées sans surprise, sachons raison garder. Les écueils ne manquent pas pour la flottille du camp du progrès, à devoir patiemment éviter jusqu'à l'accostage aux quais du port de la victoire.

Une abstention un peu plus forte encore que précédemment n'est pas exclue, qu'elle soit nourrie par le sentiment d'une impuissance politique ou par l'illusion d'un scrutin joué d'avance. Et, en général, la grève des urnes a davantage de chances de faire sombrer la gauche que la droite. Pour intéresser, sensibiliser, mouvoir l'électeur, les militants ne doivent pas oublier d'emprunter le chemin des boites aux lettres, des marchés, des meetings... que ne remplacent pas la navigation, les messages ou les bouteilles à la mer "internautiques".

D'autant que les masse-médias privés et publics, pour la plupart arrimés au pouvoir ou complaisants avec la droite, ne vont pas forcément s'échiner à la plus parfaite objectivité durant la traversée de la campagne.

On ne le sait que trop bien, à la veille de chaque élection, certain fait-divers, certain événement politique, certain thème, soudain promus au hasard de l'actualité ou délibérément agités, peuvent jouer un rôle aussi déterminant que surprenant dans l'ultime décision d'un électeur ballotté par la tempête médiatique du moment. Il convient donc de rester circonspect et vigilant jusqu'au bout pour ne pas être pris au dépourvu par une mauvaise vague.

Le sujet bateau de l'insécurité, par exemple, qui a si souvent réussi à une droite sans scrupule, semble cette fois-ci prendre l'eau sous les effets d'une communication gouvernementale en plein tangage, d'un constat peu flatteur pour un président de la république naguère ministre de l'intérieur et d'un Front national à nouveau prêt à l'abordage. Mais sait-on jamais.

Et puis d'autres questions, tout aussi délicates à appréhender en ce moment, pourraient très bien être jetées dans la mare de l'opinion publique, par une droite qui n'aurait plus rien à perdre et pourrait tenter le tout pour le tout. Ce pourrait même lui servir de bouée de sauvetage, si les concurrents du camp progressiste en venaient, à cette occasion, à rendre leur débat du premier tour par trop mouvementé.

La nécessaire explication que doivent aux électeurs les compétiteurs de la gauche, ne doit pas les amener pour autant à dériver. Tenir le cap doit être leur règle. A l'escale du premier tour, ils n'auront que quarante-huit heures pour se retrouver, monter sur le même navire et se serrer les coudes afin d'être sûrs de faire échouer la droite au second tour.

Rien n'est définitivement écrit donc. Si la victoire de la gauche est possible dans chaque région, le défi, superbe, est encore à relever. Restons mobilisés. Et soyons confiants, c'est la gauche qui a incontestablement la bonne boussole.


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