Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Y aurait-il une spécificité de la jeunesse, comme on le répète à l'envi, à commencer par les jeunes eux-mêmes, malmenés qu'ils sont par à une société qui, trop souvent, les stigmatise, les repousse ou les ignore ? Voyons cela de plus près.
Et envisageons d'abord ce qui fonde notre démocratie, à savoir les droits. Ils concernent aussi bien les enfants que les adultes, à tel point que la communauté internationale a tenu, il y a quelques temps déjà, à le rappeler dans la Convention internationale relative aux droits de l'enfant (CIDE) qui complète une Déclaration universelle des droits de l'homme proclamée il y a plus longtemps encore.
Jeune ou moins jeune, l'adulte, qu'il devient à 18 ans en France, mérite de bénéficier d'un revenu décent, d'un habitat convenable et d'un accès de qualité à la sécurité, à la santé, à la mobilité, à l'information, à la communication, à la culture, aux services publics en général, qu'il soit au travail, en formation, en recherche d'emploi, malade, en situation de handicap ou qu'il est passé l'âge de devoir gagner sa vie.
Si ce principe est encore, reconnaissons-le, très mal appliqué en France, ce n'est pas qu'il ne soit pas constitutionnel, bien au contraire, mais c'est que notre système de formation, notre marché et notre droit du travail, notre système de protection sociale et, sans doute, notre système fiscal ne sont toujours pas au point.
Dès l'âge de seize ans et, dans certaines conditions, encore avant, les adolescents peuvent se regrouper en associations et participer ainsi à la marche de la cité. Pour peu qu'on respecte (on le doit, c'est la loi) la CIDE, leur avis est sollicité et pris en compte dès leur enfance pour tout ce qui concerne leur existence quotidienne, familiale ou sociale, et leur instruction. C'est ainsi que nos jeunes concitoyens ont, par exemple, des représentants élus par leurs pairs dans les conseils d'administration des collèges, des lycées, des universités, des centres de formation d'apprentis...
Dès l'âge de dix-huit ans, on est électeur et éligible dans notre pays et la proportion des jeunes dans les différentes et nombreuses assemblées politiques de la nation ne tient qu'à la bonne volonté républicaine des autres classes d'âge de la société. Et sans doute également à la perspicacité du législateur et à une prise de conscience de l'opinion publique. Pareille observation est à faire en ce qui concerne les organisations syndicales ou professionnelles et les mouvements associatifs...
Et puis les jeunes adultes ont aussi ce point commun avec leurs aînés d'être en devoir de veiller et contribuer à la protection, à l'éducation, au bien-être et à l'émancipation des enfants. De tous les enfants... Il y a là une dimension de solidarité collective, nécessaire prolongement de la liberté, de l'égalité et de la fraternité qui sont le liant de la communauté tout entière, tous âges confondus.
On le voit, il n'y a pas véritablement de spécificité de la jeunesse. Et il ne serait pas opportun qu'il y en ait. Mais dès lors, la lutte contre les inégalités et les discriminations n'en est que plus prégnante.