Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
L'objectif, donc, c'est d'améliorer, pour la rendre plus efficace, la gouvernance démocratique, sociale et économique de la France et de ses territoires. La répartition et l'harmonisation les plus adéquates des compétences et des obligations de l'action publique entre le local, le régional et le pays (sans oublier l'Union européenne) est un des aspects du problème. Les dimensions géographiques des différentes collectivités à l'intérieur des frontières de l'Hexagone en est un autre, sachant qu'en ce qui concerne la nation, ses territoires d'outre-mer ou l'Europe, il n'y a bien sûr pas lieu de changer quoi que ce soit en la matière.
Une autre idée, éminemment républicaine, à faire entrer en ligne de compte est de concevoir des périmètres à l'intérieur desquels la population, en nombre notamment, soit la plus légitime pour élire en son sein un conseil de représentants qui puisse assumer, à bonne échelle et aussi démocratiquement que possible, la responsabilité politique qui lui est dévolue par le législateur.
S'agissant du local, on peut comprendre que le bon niveau de gouvernance soit le bassin de vie, c'est à dire le territoire dans les limites duquel les habitants effectuent l'essentiel de leurs activités et de leurs déplacements quotidiens ou hebdomadaires. Il y a, dans notre pays, environ mille sept cents bassins de vie (pour à peu près trente-six mille six cents communes). Le dispositif de l'intercommunalité - autrement dit les "établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre" - peut le permettre. En le combinant judicieusement avec celui de la "métropole" là où l'urbanisation est particulièrement dense, et celui du "pôle d'équilibre territorial et rural" partout ailleurs.
Pour ce qui est du régional, il convient de constituer des bassins de population à même de permettre, dans tous les compartiments du jeu, une gestion publique de l'aménagement, du développement et de l'administration du territoire, qui soit durable, équilibrée et solidaire et qui puisse être profitable aux ménages, aux entreprises, aux associations et aux collectivités locales. À même aussi de pouvoir élaborer des contrats pluriannuels de planification et de cohérence entre la région et l'État d'une part et entre l'intercommunalité et sa région d'autre part.
Dès lors, on voir bien que des critères comme l'histoire, le patrimoine, la tradition ou une prétendue identité locale ne puissent présider à la réforme de l'organisation de l'action publique : le cours d'eau, le relief, la végétation, le paysage, la forme du toit, la couleur de la pierre, la langue régionale, le folklore, pas plus que l'image d'Épinal, les habitudes ou le récit du passé ne peuvent être aujourd'hui d'aucune pertinence pour délimiter le périmètre d'un projet territorial.