Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Ce devrait être une évidence pour tous : le prélèvement et la distribution de l'eau ou de l'énergie, la pertinence de leurs usages comme la prévision de leurs évolutions sont, partout, d'intérêt général. Et il en est de même pour la collecte, le traitement, le stockage et le recyclage des déchets ou pour la répartition des sols entre surfaces agricoles, urbanisation, voies de circulation et espaces naturels.
Voilà pourquoi, dans un pays où le processus démocratique est (tout comme d'ailleurs son système fiscal) garant du pacte républicain et de la cohésion sociale, il appartient aux représentants du peuple de décider en ces matières. Non sans avoir préalablement, bien entendu, pris la peine de s'informer, de se renseigner, de s'instruire, de se documenter, d'étudier, d'enquêter, d'analyser, d'expertiser, de modéliser, de concerter, d'auditionner, d'échanger autant qu'il est nécessaire et raisonnable de le faire.
Dès lors les considérations, aspirations ou convictions personnelles, fussent-elles partagées à plusieurs et portées de bonne foi, doivent in fine se plier à l'arbitrage d'une décision démocratique prise à l'issue d'un débat contradictoire et tenant compte des règles de l'État de droit. Sauf à penser que certains particuliers pourraient, à eux-seuls, être en mesure de dire l'intérêt général, d'identifier le bien commun et d'exprimer la volonté de tous.
Il n'est pas concevable qu'une société fondée sur la liberté, l'égalité et la fraternité puisse se passer de démocratie. Et il revient à chacun, en tant que citoyen électeur et acteur social, économique et politique, d'investir le processus démocratique (dans tous ses aspects) pour s'assurer qu'il puisse jouer pleinement son rôle et y contribuer. S'en défier ou s'en extraire, en cherchant à le contourner sinon à le contrecarrer, n'est pas la solution. Même avec les meilleures intentions du monde.