Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Dans quelques mois, les Français vont élire ceux de leurs édiles qui agissent au plus près de leurs lieux de vie, les conseillers municipaux. Désigner celles et ceux qui vont avoir, pour six années, la responsabilité d'administrer les communes du pays ainsi que leurs regroupements, les fameux établissements publics de coopération intercommunale, les premières transférant aux seconds une partie de leurs compétences et de leurs obligations.
Mais il y aura aussi, en 2014, d'autres élections, à l'autre bout de la chaîne démocratique si on peut dire, puisqu'elles seront continentales. Avec les citoyens des vingt-sept autres pays de l'Union europénne, les Français vont avoir à composer le nouveau parlement qui, durant cinq ans, partagera avec le conseil des chefs d'état ou de gouvernement, le redoutable pouvoir de gouverner une collectivité d'un demi-milliard de Terriens.
Plus personne n'ignore l'intérêt de l'Europe pour ses peuples, ni son rôle ou son influence dans bien des domaines de l'action publique ou de l'initiative privée. Les orientations politiques prises à ce niveau sont d'importance, que ce soit par des directives qui s'imposent à tous les pays ou par l'usage d'un budget communautaire qui représente 1% de la richesse produite par les Européens. C'est dire si le projet économique et social de sa prochaine majorité parlementaire sera déterminant pour le devenir de l'Union, pour l'avenir de chacun de ses habitants, en France comme ailleurs.
Nombreux sont les sujets sur lesquels c'est surtout à cette dimension supranationale que l'on peut dorénavant progresser et qui alimenteront le débat des élections européennes. Les énergies, les transports ferroviaires, aériens ou fluviaux, les réseaux numériques, l'industrie, l'agriculture, la recherche, l'enseignement supérieur en font évidemment partie, question d'échelle. Mais, politiquement, d'autres thèmes sont devenus cruciaux au sein de l'Europe, comme la transition écologique, les mutations technologiques, la qualification professionnelle, la compétitivité des entreprises... Ou comme la régulation des banques, l'harmonisation des fiscalités, la convergence des rémunérations, la revitalisation du commerce extérieur... Avec pour nécessités une économie orientée vers l'emploi et une solidarité retrouvée entre les pays. Et en sachant que, pour y arriver, il faudra un budget européen plus important et employé autrement que ces quinze dernières années, une politique monétaire plus appropriée à la conjoncture mondiale et davantage de coopération avec les autres régions du monde, notamment au sud de l'Europe.
Ne feignons pas de la sous-estimer : il y aura une considérable différence dans les réponses apportées à court et moyen terme à ces enjeux européens (aux conséquences locales) selon que les élections du 25 mai 2014 prolongeront le mandat de l'actuelle majorité, libérale et conservatrice, ou en désigneront une nouvelle, sociale-démocrate et écologiste. Reste au camp du progrès à bien l'expliquer. Il a à peine un an pour le faire. Et pour convaincre.