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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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Les pauvres et les autres

 

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Il est inopportun d'opposer les pauvres aux riches. Ce qu'il faut constater c'est que dans la société, il y a les pauvres et il y a ceux qui ne le sont pas, sans être forcément riches, ces derniers étant proportionnellement peu nombreux d'ailleurs. Des pauvres, il y en a dans tous les pays et toujours en grand nombre : 14% de la population en France ou en Allemagne, par exemple, ce qui est considérable, et davantage dans beaucoup de pays de la planète, y compris au sein de grandes puissances économiques.

 

Une définition universellement reconnue existe qui considère que vit en dessous du seuil de pauvreté quiconque dispose de ressources inférieures à la moitié du revenu individuel médian du pays. Inférieures de peu ou de beaucoup, bien entendu. On sait qu'en deçà de ce seuil de pauvreté, il est impossible de subvenir à l'ensemble de ses besoins les plus élémentaires : se loger, se nourrir, se vêtir, se chauffer, se soigner, se déplacer, s'informer, communiquer, se cultiver et, éventuellement, élever ses enfants. Sans même parler des vacances et des distractions qui pourtant devraient faire partie de la vie personnelle, sociale ou familiale de tout un chacun.

 

La pauvreté n'est pas irréductible et peut être éradiquée. C'est un des principaux objectifs que doit se fixer toute politique économique et sociale digne de ce nom. Et c'est d'ailleurs la volonté affichée d'à peu près tous les gouvernements de la planète. Même s'il peut se trouver des idéologues ou des métaphysiciens persuadés que la pauvreté est une fatalité de l'humanité.

 

Dès lors se pose l'incontournable question d'un meilleur partage de la richesse (créée ou capitalisée) et des instruments pour y parvenir que sont les rémunérations et les allocations, l'épargne et l'investissement, la gestion des ressources naturelles et des échanges commerciaux, le droit du travail et celui de l'environnement, les services collectifs, la fiscalité. La fiscalité c'est justement un des moyens, le plus efficace et le plus immédiatement opérant, pour améliorer le revenu des pauvres de telle manière qu'ils ne le soient plus. Encore faut-il que ceux qui ne le sont pas, pauvres, acceptent d'être (équitablement) imposés en conséquence et les riches bien davantage que les autres, évidemment.

 

Et peut-on joindre l'utilité économique à la justice sociale en soulignant que procurer de meilleures ressources aux ménages les plus modestes c'est stimuler la consommation, donc la croissance, donc la création d'emplois, donc la distribution de revenus, en un cercle vertueux ?

 

 

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