Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
L'État français a-t-il le droit et le devoir d'acheter des hauts fourneaux installés sur son territoire ? Pour les faire lui-même fonctionner dans un marché de l'acier mondialisé et saturé, au risque d'y ruiner le contribuable ? Pour faire l'intermédiaire entre deux entreprises, la vendeuse et l'acheteuse, et leur faire gagner à toutes les deux beaucoup d'argent, au détriment des finances publiques ?
Y avoir réfléchi n'est pas ridicule. Y avoir renoncé est sage. Pour autant, la responsabilité du gouvernement reste entière. Une action déterminée - et européenne - en matière de réglementation, de régulation, de coopération et d'orientation de l'investissement est plus que jamais nécessaire dans le domaine économique, notamment dans l'industrie, plus particulièrement dans la sidérurgie.
Pour préserver les capacités industrielles du pays, pour maintenir un haut niveau de sauvegarde de l'environnement, pour développer l'emploi et la protection sociale, conduire une telle démarche est indispensable. Nous savons que l'initiative privée ne s'y engagera pas spontanément, et c'est aux pouvoirs publics de jouer. Mais la nationalisation n'est pas, n'est plus, l'instrument idéal pour cela.