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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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Parti pris : A qui va profiter le crime de la rigueur ?

 

Les projets de budget du gouvernement français pour les années qui viennent sont marqués par une obsession de la rigueur, au motif de réduire le déficit de l'Etat. On sait déjà qui en seront les victimes : l'emploi, l'action de la puissance publique, le pouvoir d'achat des salariés, des chômeurs et des retraités, la jeunesse. Reste à savoir à qui va profiter le crime.

 

Aux classes aisées ? Assurément. Dont les ressortissants verront leur épargne consolidée, leurs capitaux ménagés et la pression fiscale qui s'exerce sur eux contenue, les niches fiscales dans le collimateur de Bercy n'étant pas, loin s'en faut, les seuls moyens (légaux) pour ces catégories sociales de pouvoir limiter leur imposition.

 

Aux classes moyennes ? C'est difficile à dire. Mais, quoiqu'il en soit, elles auront toujours la possibilité de reporter à des jours meilleurs certains de leurs achats et d'assumer provisoirement, sans trop d'effort, l'augmentation de dépenses obligatoires ou l'éventuelle stagnation de leurs salaires ou de leurs pensions.

 

Aux classes modestes ? Certainement pas. Elles qui sont particulièrement tributaires de la présence, de la qualité et du prix des services publics, des niveaux de protection sociale, de la hauteur des revenus complémentaires ou de substitution et du volume des emplois aidés, dont on a bien compris qu'ils allaient, les uns et les autres, faire les frais de cette politique d'austérité.

 

L'augmentation pour les usagers des coûts de la santé, de l'enseignement, des déplacements, de l'énergie, du logement, que prévoient notamment les mesures de rigueur, va devenir prohibitive pour un grand nombre de nos concitoyens, amenés dès lors à réduire leurs besoins, jusqu'à devoir éventuellement s'abstenir, au risque de la dégradation de leur existence, voire de leur exclusion de la vie sociale. Deux chiffres en passant : 10% des retraités, 13,5% des actifs sont aujourd'hui sous le seuil de pauvreté en France.

 

Beaucoup d'observateurs et d'analystes, des institutions reconnues plaident pour une autre politique économique en France et en Europe, davantage axée sur une relance volontariste et maîtrisée pour ouvrir des espaces à une indispensable croissance, créatrice d'emplois, de revenus et donc de recettes sociales et fiscales. A rebours d'une réduction forcenée des déficits publics susceptible d'entraver toute reprise et de rendre inopérante une rigueur dès lors dramatiquement absurde. D'autant que le financement des dettes souveraines est à nouveau garanti en Europe par des marchés financiers aujourd'hui revenus de leurs humeurs spéculatives, grâce notamment aux initiatives de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

 

Pour le dire simplement, le projet alternatif propose d'abord de dynamiser l'activité des entreprises et de stimuler la consommation des ménages par une dépense publique et sociale bien ajustée pour mieux ensuite résorber la dette dans un contexte économique devenu plus favorable, en s'appuyant sur une fiscalité qu'il faudrait rendre, par la même occasion, équitable et d'un meilleur rendement.

 

De cette pertinente suggestion d'économistes avisés, le gouvernement et la majorité politique de notre pays n'en ont cure : Posture idéologique, communication présidentielle et clientélisme électoral en sont les raisons. Bien loin de l'intérêt général, donc.

 

 

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