Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Il est fort à parier que, à droite comme à gauche, l'offre politique au premier tour de la prochaine élection présidentielle sera large sinon pléthorique. Faut-il s'en féliciter ? Faut-il le regretter ? Heurs et malheurs de la démocratie... Quoiqu'il en soit, cette offre se réduira, entre les deux tours du scrutin à une seule alternative, très certainement entre droite et gauche, choix ultime proposé à l'électeur et dont le résultat seul comptera pour la gouvernance de notre pays pendant cinq ans, sinon davantage.
Le style de l'actuel chef d'état et les décisions de son gouvernement, les querelles intestines du parti majoritaire et les désirs d'émancipation de ses satellites, la redondance des vocations « centristes » et les sautes d'humeur d'électrons libres vont probablement amener la droite à multiplier les candidatures présidentielles au premier tour. A gauche, cette pluralité de candidatures est coutumière. Peut-être sera-t-elle d'ailleurs, cette fois-ci, un peu moins généreuse que d'habitude.
Pour autant, on sait bien qu'à droite, tout le monde saura opportunément rentrer dans le rang pour le second tour, grâce à d'amicales pressions ou propositions. Et on n'ignore plus que bien des électeurs d'extrême-droite du premier tour seront, comme d'habitude, tout disposés à mettre de l'eau dans leur vin pour faire barrage à une gauche haïe. Avec d'autant plus de facilité qu'en 2012, des signes ostensibles d'empathie réciproque pourraient être donnés par les leaders, sait-on jamais. Alors qu'à 180 degrés, en revanche, beaucoup d'électeurs d'extrême-gauche seront, au même moment, davantage butés, par aversion ou par tactique.
A gauche, - c'est honorable ou compréhensible - les convictions ou les rancoeurs peuvent l'emporter sur les postes, pour les uns, le pragmatisme, pour les autres. C'est la raison pour laquelle, avant le premier tour, tout doit être fait, de ce côté de l'échiquier politique, pour partager un projet gouvernemental, ménager les susceptibilités et se faire pédagogiquement à l'idée que le meilleur candidat de la gauche au second tour sera celui qui pourra réunir une majorité d'électeurs. Sera celui qui se trouvera en capacité de battre le champion de la droite, forcément coriace, que ce soit Monsieur Sarkozy ou un autre.