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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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Parti pris : Les dommages collatéraux de l'affaire « Woerth-Bettencourt ».

 

L'affaire dite « Woerth-Bettencourt » a sans doute quelque avantage en mettant en évidence - pour pouvoir y remédier - des dysfonctionnements démocratiques dûs à des conflits d'intérêts, des financements illégitimes et des cumuls de mandats, dans le champ de la vie politique, ou à des abus de pouvoir, des tentatives de manipulation et des traitements partiaux, dans le domaine de l'action judiciaire. Mais cette affaire provoque également des dommages collatéraux dans la cohésion même de notre société.

 

Acculés par les révélations embarrassantes, la persévérance des médias et l'excitation de l'opinion publique, le chef de l'état, son gouvernement et son parti politique se mobilisent, faute de mieux, sur le terrain sécuritaire, saisissant au vol deux faits-divers policiers exacerbés. En y mettant d'autant plus d'entrain que leur grand oeuvre du moment - la réforme des retraites - a le double inconvénient du nom de celui qui la porte et des nombreuses faiblesses du texte qui réalise la prouesse de faire l'unanimité contre lui, salariés, retraités, étudiants, organisations sociales et politiques, hormis le patronat et la majorité parlementaire, bien entendu.

 

Le funeste chômage qui se conforte, la désirable croissance qui se dérobe, l'impopulaire rigueur qui s'annonce et la mort d'un otage français ressentie comme un acte manqué ont fini de déstabiliser nos gouvernants et de dérégler leur politique de communication à tout va, au point de leur faire sortir l'artillerie des mauvais jours, un peu plus lourde encore que la dernière fois.

 

De ce feu nourri de diversion, le président de la république, ses ministres, ses porte-parole ont choisi précisément leurs cibles, tous ceux qui sont davantage exposés à la crise économique, à l'inquiétude de la population et aux discours démagogiques : les gens du voyage, les immigrés, les Français d'origine étrangère, les habitants des quartiers urbains défavorisés et, parmi eux, les adolescents les plus énervés et leurs parents déboussolés. Ce qui, dans un tel contexte, n'a rien de surprenant de la part d'un pouvoir réactionnaire se vantant d'être décomplexé, mais n'en est pas moins un pousse-au-crime et un scandale politique.

 

Il n'est pas sûr que nos concitoyens soient dupes. Il n'est pas sûr que les hautes instances juridictionnelles de la nation cautionnent dans le droit ces rodomontades populistes. Il n'est pas sûr que les partis de droite et d'extrême droite puissent en tirer un profit électoral. Mais ce qui est certain, c'est que notre pays est aujourd'hui, aux yeux du monde comme à ses propres yeux, incarné ou, à tout le moins, conduit par un régime qui continue de s'éloigner à grands pas de la décence, de la raison, de l'humanisme, des principes de liberté, d'égalité et de fraternité. Jusqu'où ? Et jusqu'à quand ?

 

 

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