Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

Publicité

Point de vue : 2000 milliards d'euros.

 

Le produit intérieur brut de la France est à peu près de deux mille milliards d'euros sur un an. Il n'intègre pas la valorisation d'activités telles que les tâches ménagères, l'éducation parentale des enfants, les soins familiaux aux personnes invalides, le bricolage, le jardinage, les coups de main, le bénévolat ou le travail au noir. Même si il ne totalise pas l'ensemble de la richesse produite par le pays, le montant du PIB est une somme considérable qui représente un peu plus de 80 euros par jour et par habitant. Il n'est donc pas inutile de questionner les critères de son affectation entre consommation, équipement ou épargne, protection sociale, action publique ou investissement.

 

On est en droit de s'interroger, par exemple, sur la proportion du PIB qu'il conviendrait de consacrer à des besoins sociaux comme : l'aide budgétaire et matérielle aux parents pour élever leurs enfants ; l'instruction des jeunes et l'encadrement de leurs loisirs ; leur autonomie au moment des études et de l'entrée dans la vie active ; des formations qualifiantes, de dignes conditions de travail, un salaire correct (ou une indemnisation suffisante) pour les actifs ; des pensions décentes et des services adaptés pour les retraités ; un accompagnement de qualité des personnes âgées dépendantes.

 

On est en droit de se préoccuper de ce qu'il faudrait également réserver de PIB pour garantir un accès universel, sans restriction ni discrimination, à la santé, à la culture, à l'information, à la communication, à la mobilité et à un habitat confortable, sécurisé et rapproché des différents services publics. On est en droit de se demander ce qu'il serait nécessaire de développer en matière de recherche, d'innovation technologique, d'infrastructures et de programmes pour favoriser, de concert, progrès social et protection de l'environnement.

 

La distribution des richesses produites par la nation nécessite une gouvernance économique dont le pilotage se fait en positionnant un certain nombre de «curseurs de répartition».

 

Le premier d'entre eux permet de déterminer la part des ressources dédiée aux dépenses d'intérêt collectif et la part dévolue à la consommation ou à l'épargne individuelles. Un autre sert à trouver le juste équilibre entre la rémunération du travail et celle du capital. Un autre départage les bénéfices distribués de ceux réinvestis. Un autre curseur encore se déplace entre prestations sociales individualisées et services publics communs...

 

Le revenu du travail lui-même peut être différemment dispensé en ajustant la longueur des échelles de salaires et la hauteur des premiers barreaux. Le même raisonnement étant à tenir en ce qui concerne les pensions de retraite et les allocations de chômage.

 

L'appareil fiscal possède également sa batterie d'index pour répartir sa sollicitation entre les revenus du travail et ceux du patrimoine, entre les ressources des ménages et les plus values des entreprises, entre les différentes catégories sociales de contribuables, ou encore entre les revenus effectivement perçus et la valeur intrinsèque du patrimoine.

 

Des préférences sont à fixer entre des prélèvements obligatoires effectués sur la seule masse salariale ou sur l'ensemble des revenus et des biens. Des options sont à prendre entre des taxes - de mêmes montants pour tous - ou des impôts progressifs, entre les gains particuliers d'exonérations fiscales ou une puissance publique mieux dotée pour servir l'intérêt général, entre la tentation de l'emprunt public qui gratifie des épargnants privés ou le recours à l'élévation de la fiscalité qui met les mêmes à contribution.

 

Les niveaux de la participation financière des usagers aux services publics, pouvant éventuellement baisser jusqu'à la gratuité, s'avèrent eux-aussi de bons paramètres dans le pilotage économique du pays.

 

Enfin, sur un tableau de bord dont les manettes sont bien plus nombreuses encore, citons celles qui, dans la production même des richesses, permettent d'établir ce qu'il est préférable de confier à l'action publique et ce qu'il convient de laisser à l'initiative privée. Non seulement en matière d'infrastructures ou de services mais également sur les terrains de la production et du financement.

 

On comprend bien, somme toute, la complexité de la tâche que rend plus difficile encore la réalité économique supra-nationale. Mais on en voit tout l'intérêt. Et l'on repère aisément les marges de manoeuvre permettant de faire des choix politiques qui peuvent être très différents selon les orientations prises quant à l'usage ou à la formation du PIB. A cet exercice, les inégalités sociales, la précarité, la pauvreté, l'insuffisance d'emplois peuvent être fortement réduites, maintenues ou exacerbées. C'est selon qui est à même de poser les doigts sur les curseurs. Et avec quel modèle de société dans la tête.

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :