Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Dès 16 ans, il devient possible de travailler dans notre pays. Deux ans avant d'avoir atteint l'âge adulte et acquis notamment le droit de voter. Ainsi en est-il pour des dizaines de milliers de jeunes, filles et garçons, qui sont, par exemple, en contrat d'apprentissage avec une entreprise ou titulaires d'un ou plusieurs emplois exercés en dehors des cours pour financer des études.
Notons au passage que ces très jeunes actifs occupent le plus souvent des fonctions aux formats ou aux missions atypiques, peu coûteuses en rémunérations mais bien utiles à l'économie du pays en général et à certains secteurs professionnels en particulier.
Il n'est pas prévu de reculer l'âge du droit à entrer dans la vie active, qui est d'ailleurs le même que celui de la fin de la scolarité obligatoire. Il est en revanche envisagé de retarder l'âge du droit à quitter la vie active. Cette contradiction sociale est contre-performante à double titre.
D'abord, parce que reculer l'âge du départ à la retraite, c'est essentiellement remplacer de «jeunes retraités» par de «vieux chômeurs» en intervertissant deux allocations puisées à la même source des prélèvements obligatoires, tout en exerçant une pression supplémentaire sur les niveaux de salaires par un taux de chômage augmenté d'autant.
Ensuite, parce que poursuivre plus longtemps sa scolarité avant de devoir travailler pour gagner sa vie, c'est s'assurer une meilleure qualification dont on sait que plus elle est élevée, meilleurs seront l'employabilité, la hauteur de la rémunération, la longévité des contrats, l'accès à la formation continue, la capacité d'évolution professionnelle, sans oublier la productivité, elle-même facteur de croissance.
Et pourtant, la proportion de jeunes gens scolarisés à 18 ans a fortement diminué en France ces dix dernières années, passant de quatre sur cinq à trois sur quatre !
Avoir le droit de prendre sa retraite à 60 ans reste sans doute une bonne idée. Mais reculer l'âge de l'obligation scolaire n'est peut-être pas mauvaise pour autant. Non pas travailler plus longtemps, ce qui n'est pas un progrès en soi, mais apprendre plus longtemps pour mieux travailler ensuite, tout au long de sa vie active.