Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les gains de productivité récurrents, réalisés par les générations successives d'actifs et qui sont dûs aux progrès permanents de l'humanité, en sciences, en techniques, en équipements, en savoir, savoir-faire, éducation, formation, hygiène ou sécurité, doivent pouvoir se traduire régulièrement par une hausse du pouvoir d'achat et une réduction du temps de travail. Il n'y a pas à priori de limite à ce double processus que seuls des choix économiques sinon idéologiques peuvent entraver.
C'est un fait : La machine, l'électricité, l'informatique, les technologies de la communication permettent à l'homme de pouvoir diminuer progressivement les moments qu'il doit consacrer au travail, libérant toujours plus de temps qu'il peut dès lors utiliser à s'instruire, se cultiver, s'informer, se ressourcer, s'entretenir, échanger avec les autres et améliorer ainsi ses connaissances, ses compétences, ses capacités et sa sociabilité.
Quant à la « concurrence » des pays à bas coût de main d'oeuvre, un préjugé libéral voudrait qu'elle soit résorbée par une dégradation, dans les pays développés, des salaires ou des termes des contrats d'embauche, opportunément entretenue par un chômage de masse. Une bien meilleure solution serait d'engager une démarche politique internationale permettant de concrétiser, à l'aune de la planète, une harmonisation sociale, fiscale et monétaire, une gestion concertée et raisonnée des ressources naturelles comme des terres cultivables et une distribution rationnelle et écologique des sites de fabrication de produits manufacturés.
Des échelles de salaires décentes et l'exacte rémunération de capitaux et de banques mis au service de l'économie réelle, seraient en mesure de maintenir à de hauts niveaux l'action publique, la protection sociale et les fiches de paye.
Accepter que s'opère la réduction du temps de travail, c'est envisager la possibilité d'aller vers le plein emploi, autre facteur puissant de salaires - et de conditions de travail - confortables, en même temps que de croissance pourvoyeuse de ressources suffisantes pour des services publics et des prestations sociales de qualité.
Travailler moins et travailler mieux, chacun, tout en étant plus nombreux à travailler et mieux rémunérés : Tel est, sans aucun doute, le déclencheur d'un cercle vertueux à même d'enrayer le chômage, la précarité, l'exclusion économique ou la relégation sociale. L'enjeu comme la mise en oeuvre de ce programme sont, à l'évidence, supra nationaux et doivent mobiliser tous les instruments de régulation, de coopération et de droit international. Mais chaque état, chaque gouvernement, chaque parlement sont d'ores et déjà mis au défi de s'y préparer.