Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Première puissance économique devant les États-Unis d'Amérique, l'Union européenne totalise 25 % du pib mondial, pour seulement 7 % de la population de la planète. Plus de dix mille milliards d'euros de richesse produite chaque année. Globalement, sa balance commerciale est excédentaire et sa croissance positive. Ses infrastructures et ses capacités de production, d'innovation, de recherche et de formation sont très importantes et pourraient être encore développées et améliorées si la Banque européenne d'investissement (BEI) était dotée des ressources suffisantes qu'ensemble les vingt-sept pays de l'Union seraient tout à fait en mesure de lui fournir aujourd'hui.
Pour peu qu'on lui en donne la mission, la Banque centrale européenne (BCE) aurait parfaitement les moyens de permettre à tous les États de financer leurs dettes souveraines à moins de 2 % de taux d'intérêt, moyennant quelques règles budgétaires socialement supportables que, dès lors, les gouvernements nationaux pourraient respecter, leurs relances économiques, indispensables pour la résorption du chômage et le fonctionnement des services publics, étant facilitées par l'effort européen d'investissement.
Le coup de pouce financier à donner, en ce moment, à la Grèce si son taux d'emprunt redevient décent, est dérisoire relativement au pib européen. Et ne nécessite pas de faire la manche auprès de pays émergeants ou la poche des contribuables modestes. Ni même, sans doute, de mobiliser le Fonds monétaire international (FMI) qui aurait mieux à faire - et plus généreusement - ailleurs. On voit par là que, pour des raisons proprement idéologiques sinon morales, les principaux dirigeants de l'UE, en tout cas les plus en vue, font passer les Européens, aux yeux du reste de l'humanité, pour des nantis capricieux et stupides. Mais le peuple n'est pas obligé de se laisser humilier de la sorte.
En distribuant et en investissant plus justement et plus efficacement sa formidable richesse, l'Union européenne peut et doit être à nouveau un espace de solidarité et de progrès, en même temps que le fer de lance de la paix, de la prospérité - et de la démocratie ! - dans le monde. Rien de moins.