Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Je ne participe pas au téléthon. Je sais qu'en disant cela, je ne me fais pas que des amis, mais j'assume et je dis pourquoi. Charité n'est pas solidarité. Le don est aléatoire, tributaire du bon vouloir individuel. Or, la recherche médicale comme la recherche fondamentale nécessitent un engagement durable et conséquent de la collectivité que seule la solidarité nationale peut garantir, au delà des intérêts économiques du secteur de la santé.
La solidarité nationale, démocratiquement arbitrée, a l'avantage de s'imposer à tous par la fiscalité. Les bénéfices du téléthon ne représentent qu'un infime pourcentage de la dépense publique pour la recherche, à tel point que cette somme pourrait être allouée par l'Etat sans aucune difficulté. Il suffit que le parlement le décide en votant le budget de la nation. A l'évidence, le besoin le justifie sans qu'il ait à en débattre longtemps.
On me dit que cette collecte médiatisée a le mérite de sensibiliser l'opinion. Certes. Mais, soyons-en certains, l'audiovisuel public est tout à fait en mesure, sur de tels sujets, de produire et diffuser, à des heures de grande écoute, des reportages ou des documentaires de qualité. Cela ne lui coûterait pas plus cher et serait bien préférable à ce qui s'avère un marathon médiatique pipolisé et marchandisé où la mièvrerie le dispute au voyeurisme.
On m'assure que ce rendez-vous annuel est l'occasion pour des gens très différents de servir côte à côte une bonne cause. Sans doute. Mais quoi ! les occasions de se mobiliser collectivement et fraternellement ne manquent pas dans notre pays et plus souvent qu'une fois l'an : associations de consommateurs, d'usagers, d'habitants, mouvements d'éducation populaire, de défense des droits et des libertés, de protection de l'environnement, organisations syndicales ou citoyennes etc.
L'accès aux soins et à la santé pour tous sans exception, quelques soient la pathologie ou les revenus de chacun, n'est pas affaire de générosité. C'est une question de volonté et de choix politiques. Et en la matière, mieux vaut la détermination et la constance de l'électeur contribuable que l'élan passager du donateur compatissant et accessoirement défiscalisé.