Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
La commissaire européenne responsable de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, Viviane Reding, a parlé clair et vrai. Elle a eu raison de dire que, depuis la seconde guerre mondiale, aucun gouvernement d'un pays de l'union européenne n'avait osé publier une circulaire stigmatisant un peuple, une nation ou une ethnie, avant que cela ne se produise maintenant, en France, patrie des droits de l'homme. Et s'il s'est trouvé un de ses collègues ou un chef d'état pour le lui reprocher, il aura eu bien tort ou fait preuve de lâcheté.
Les regrets concédés par Madame Reding pour le tohu-bohu politico-médiatique cyniquement orchestré par certains pour tordre ses propos, ne changent rien au fond. Quand bien même l'inacceptable, l'intolérable chasse aux Roms d'aujourd'hui n'a pas pour autant la dimension de la persécution des juifs et des tziganes des années 40.
A l'inverse de Bruxelles, aucun des préfets à qui la circulaire ministérielle était destinée ne l'a, semble-t-il, publiquement dénoncée. Mais peut-être n'ont-ils pas eu le temps de le faire, le ministre, rapidement démasqué, s'étant dépêché de l'amender. Et sans doute ne l'auraient-ils pas appliquée pour ne pas risquer l'illégalité ou l'infamie. Après tout, Jean Moulin lui-même était préfet au moment où il décida de rejoindre la Résistance.