Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Il faut arrêter de tourner autour du pot. Le problème du logement dans notre pays - insalubrité, inconfort, petitesse, éloignement, cherté, absence de domicile - est dû à deux causes concomitantes. La première c'est qu'il n'y a pas assez de logements : il en manque un million, au bas mot, essentiellement dans le parc social. La seconde c'est que le revenu d'une bonne partie des ménages est insuffisant pour se loger convenablement, quand bien même les prix des loyers redeviendraient raisonnables ; pour la raison que les emplois ne sont pas assez nombreux et que beaucoup sont précaires ou mal payés, tandis que sont bien trop modestes les allocations versées, quand elles le sont, à des actifs privés ou interdits de travail, aux jeunes se préparant à la vie professionnelle et à la moitié des retraités.
La multiplication des soupes populaires, des épiceries sociales, des habitats de fortune, des asiles de nuit et des initiatives de tant d'associations humanitaires qu'on persiste à nommer caritatives, ne réglera pas le problème. Pire, elle en retarde la prise en compte par le corps social en noyant le poisson. La réalité est que le déficit de logements en limite d'autant la capacité d'accès et le niveau de confort et que le chômage de masse contraint les montants des salaires et les exigences des travailleurs. La société française s'est enfermée ainsi dans un double cercle vicieux dont tant de nos concitoyens sont victimes et dont une petite minorité profite par la rente qu'il suscite.
Construire des logements collectifs, beaucoup, vite et bien, est une nécessité. Qui d'autre que la puissance publique, si elle en fait l'une de ses priorités, peut relever ce défi ? Améliorer significativement, dès demain, le SMIC, les conditions et les contrats de travail, les niveaux des minima sociaux et le nombre d'emplois est une obligation. Qui, hormis la puissance publique, peut, en en faisant l'autre de ses priorités, y parvenir ? Par la réglementation et la régulation, par la négociation sociale et le budget de l'état, par la réforme fiscale et l'investissement public, par le développement des services d'intérêt général et la mobilisation des collectivités locales, rien n'est impossible. Surtout pas l'essentiel. Qui est aussi l'urgence.