Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
La devise républicaine - liberté, égalité, fraternité - est régulièrement bafouée dans notre pays : au travail, à l'école, dans la rue, dans la gouvernance des institutions ou des territoires et même dans la production ou l'application du droit. Pour autant, ce triptyque reste reconnu, accepté et revendiqué par la très grande majorité de nos concitoyens et de leurs élus. Ce n'est plus le cas pour la laïcité et la solidarité, autres principes fondamentaux du pacte social.
La laïcité est aujourd'hui abondamment galvaudée. En voulant faire oublier son indispensable principe de séparation des églises et de l'état, de différenciation de la sphère privée et de la sphère publique, on s'échigne à la dévaloriser et l'instrumentaliser pour essayer de justifier intolérances et communautarismes, dans l'espoir de diviser pour mieux régner. Les lois qui fondent et encadrent notre laïcité n'ont nullement besoin d'être modifiées. Elles ne demandent qu'à être sereinement appliquées.
La solidarité est tout autant dénigrée, en la confondant sciemment sinon sottement avec la charité, fût-elle institutionnelle, ou en l'assimilant à un assistanat qui s'adresserait à des citoyens immatures et irresponsables. Pourtant, la solidarité nationale, au-delà des fonctions administratives et des services publics, joue un rôle majeur dans notre pays.
La plupart de ses habitants n'étant pas rentiers, leurs revenus de subsistance ne peuvent provenir que d'une activité professionnelle. Mais, avant d'être en âge de travailler, une fois passé l'âge de travailler, ou lorsqu'on est provisoirement ou durablement éloigné du marché du travail, ou encore si on perçoit un salaire insuffisant pour vivre décemment (ce qui arrive de plus en plus souvent), l'attribution d'allocations de substitution ou de complément est à l'évidence une nécessité. Qui dira le contraire ? Et pour financer cette part de la solidarité nationale, quel autre moyen que d'y faire contribuer, de manière équitable, tous les revenus et tous les profits ?
En travaillant, en se formant, en recherchant un emploi, en s'employant à créer une activité, en restaurant sa force de travail amoindrie par la maladie ou l'accident, en se préoccupant éventuellement de reprendre pied dans une société dont on a pu être exclu, en se consacrant quelques temps au soin d'un tout jeune enfant, ou en se reposant de ses années de labeur tout en participant à la vie sociale, chacun concourt au cheminement de la collectivité. De sorte que personne n'est assisté. En revanche, beaucoup sont mal rémunérés ou chichement indemnisés. Loin de devoir être remise en cause, la solidarité a surtout besoin, en France, d'être sérieusement améliorée et bien mieux dotée.