Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les contrats d'embauche à durée limitée, les temps partiels, les bas salaires ont une forte tendance à prospérer aujourd'hui, en tant que facilitateurs de gestion et de profit des entreprises. Et pourtant, le moins que l'on puisse dire, c'est que les travailleurs ne courent pas après. Une généralisation des contrats à durée indéterminée et à temps plein ainsi qu'une élévation importante du salaire minimum ne sont pas forcément une utopie.
C'est d'abord une question de principe car les emplois précaires, les salaires insuffisants (et les allocations indigentes) ne sont pas tolérables. C'est ensuite une question d'organisation, dans la programmation des activités de l'entreprise, les processus de production, les protocoles de stockages, l'harmonisation de la filière, la coopération inter-établissements, mais aussi dans le profilage des postes, le travail en équipe, la formation continue, le management du personnel, sa participation aux décisions, etc. C'est également une question sociale, dans la mise en oeuvre de services publics facilitant la vie professionnelle des mères et pères de famille ou les déplacements entre domicile et lieu de travail.
C'est enfin une question économique qui concerne l'élaboration d'un juste prix de revient, le partage équitable de la valeur ajoutée tout au long du cycle - depuis le fournisseur de matières premières jusqu'au distributeur -, et la légitime répartition entre les rémunérations des employés et celles des actionnaires, des dirigeants et des banques.
Une des conséquences probables de cette révolution copernicienne serait le renchérissement des prix de vente de nombreux produits et services, conduisant les entreprises à veiller, dès lors, à leurs pertinences, leurs qualités et leurs longévités, amenant les acheteurs à être davantage vigilants, avertis et rationnels... Avec, au bout du compte, outre une consommation raisonnée, une empreinte écologique allégée. Sans oublier l'avantage d'une cohésion sociale et d'une croissance fortifiées par la sécurisation des emplois et des pouvoirs d'achat. Qui dit mieux ?
Au-delà de l'exercice rhétorique, cette démonstration mérite peut-être réflexion.