Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Dire que l'élection présidentielle au suffrage universel est la rencontre entre un homme et le peuple est une facilité, passablement erronée et politiquement perverse. On peut comprendre tout l'intérêt que peuvent tirer de cette formule répétée aujourd'hui à l'envi dans les médias et sur les estrades, les supporters d'une gouvernance autoritaire voire autocratique de notre pays, justifiant, à l'heure du bilan, les défauts du mandat présidentiel actuel et prévoyant un nouveau quinquennat tout aussi dirigiste, à même de satisfaire conservateurs, néolibéraux, réactionnaires et tant de nos concitoyens timorés ou déboussolés.
On peut également se souvenir que, dans notre république démocratique, le chef de l'État s'entoure de nombreux ministres, s'appuie sur une large et solide administration, compose avec les députés et les sénateurs d'un parlement, peut, s'il le veut bien, tenir compte des avis d'un conseil économique social et environnemental, troisième assemblée de la nation, ne peut négliger les exécutifs des régions, des départements et des communes du territoire, ni s'émanciper d'organisations et de règles internationales reconnues par son pays, ni s'exonérer des décisions des magistrats, ni même ignorer la vigilance des observateurs les plus attentifs.
Se poser la question de savoir avec quel dispositif gouvernemental, le prochain président de la France va la diriger, avec quelle majorité parlementaire, autrement dit quel législateur, il le fera, avec quelle écoute de la société civile et avec quelle coproduction avec les collectivités locales, il conduira la politique du pays, est primordiale. Se demander quel sera le programme de sa mandature et comment il va le mettre en oeuvre et le mener à bien, en accord et en cohérence avec les mêmes, l'est tout autant. Ce n'est pas un individu solitaire et tout puissant - un surhomme, un héros ou un sauveur - que les électeurs auront à choisir dans les urnes, mais, plus raisonnablement, un chef d'équipe et un chef de projet. Là et seulement là, peuvent se trouver sa crédibilité et son efficacité.