Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Vendre son corps pour gagner sa vie est le lot de tous les travailleurs : son cerveau, ses sens, ses muscles, ses mains, ses jambes, son dos... La liste peut-elle se décliner jusqu'au sexe ? La réponse est sans doute autant philosophique que politique. Elle interroge, quoiqu'il en soit, le principe de liberté. Celui d'égalité aussi. Et elle prédétermine la question corollaire d'un éventuel droit à la consommation de services sexuels.
La société française ne peut pas faire semblant d'occulter cette part d'elle-même ni la stigmatiser, au motif qu'elle serait marginale et récurrente ou qu'elle serait complexe et dérangeante dans ces aspects psychologiques, sociologiques et culturels.
On se prostitue le plus souvent, en France, en étant prisonnier d'un réseau esclavagiste, par définition illégitime, ou en cherchant à échapper par cette activité et faute de mieux aux affres de la pauvreté. Dans les deux cas, la collectivité nationale et sa puissance publique ont le devoir d'agir et d'intervenir pour redonner, à celles et ceux qui en ont été dépossédés, leur autonomie et leur intégrité. En usant du droit, de la justice et de la police, mais aussi de l'action sociale et économique.
(précédente édition le 28 novembre 2013)