Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les enfants de notre pays passent près de sept mille heures de leur jeune existence à l'école primaire, sinon davantage. On pourrait penser que chacun d'eux sait, à l'issue de ce cursus, lire et comprendre, écrire et rédiger, calculer et raisonner, parler et converser, chanter, dessiner, courir, sauter, nager, piloter une bicyclette, un ordinateur ou un navigateur internet. (Ou tout au moins, si il est en situation de handicap, le maîtriser en partie.). Et tous devraient avoir acquis une irrépressible envie d'apprendre davantage, qu'ils pourraient ensuite satisfaire au collège, au lycée, à l'université.
On en est loin. Et il n'est pas pertinent de chercher les explications de cette aberration de notre société dans la vie familiale et sociale des écoliers. Sauf à dénier la vocation de l'école républicaine qui doit gommer ou compenser les inégalités. Sauf à ignorer ces nombreux enfants de milieux très modestes qui réussissent à l'école et ont plaisir à s'y rendre. Sauf à oublier que les élèves bien notés ne sont pas moins sujets que les autres à la lassitude ou au mal-être scolaires.
(Cet article a également été publié dans le journal Le Monde)