Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
C'est une antienne peu originale, plutôt conservatrice ou plutôt libérale selon les moments : N'y aurait-il pas trop de fonctionnaires dans notre pays ? Avant de répondre à cette question, il convient de rappeler quelques réalités.
Les fonctionnaires oeuvrent dans des services, des administrations ou des établissements publics qui sont utiles et nécessaires pour satisfaire de nombreux besoins de la population, mais également pour permettre ou faciliter la marche des entreprises, l'activité des associations ou les initiatives des porteurs de projet. Les fonctionnaires ont les qualifications qui correspondent à leurs missions, elles-mêmes encadrées et programmées sous l'égide d'un pouvoir public démocratiquement conféré. Qui plus est, leurs emplois sont distribués dans l'ensemble du pays et la garantie de leurs salaires et de leurs présences font d'eux des résidents, des consommateurs, des usagers et des acteurs sociaux là où ils sont en poste.
Par ailleurs, il n'a échappé à personne que, dans bien des domaines comme l'éducation, la santé, l'autonomie, la médiation culturelle, la protection de l'environnement, la sauvegarde du patrimoine, la sécurité ou la justice et en maints endroits du territoire national, la carence ou l'insuffisance de service public par manque de ressources humaines est patente. Sans compter, enfin, qu'en période de chômage de masse, des fonctionnaires en moins se traduirait inévitablement par des chômeurs en plus, davantage réservés dans leur participation à une dynamique économique déjà peu développée et qui serait réduite d'autant.
Alors, améliorer leurs compétences, leur disponibilité, leur répartition, la qualité et la pertinence de leurs réalisations, c'est sans aucun doute une nécessité pour les fonctionnaires, comme cela doit l'être pour tous les actifs, dans une société qui a tout intérêt à gagner en productivité et à faire progresser, par la même occasion, les conditions de travail, les hauteurs de rémunération, les niveaux de qualification et la quantité d'emplois. Dire pour autant que la fonction publique est trop nombreuse est une erreur d'appréciation qui relève de la méconnaissance, du cliché ou de la mauvaise foi.
Reste à savoir comment financer le mieux notre fonction publique, c'est à dire organiser notre fiscalité pour qu'elle soit à la mesure du besoin tout en ne pénalisant ni le pouvoir d'achat, ni l'investissement, ni le progrès social. Mais là, on sait très bien où sont les défauts à corriger et les évolutions à opérer. Il semblerait même que ce soit en cours.