Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Un droit à la retraite est reconnu, dans notre pays, à toutes celles et tous ceux qui ont passé l'âge de devoir travailler pour gagner leur vie. Il suppose que leur soit garanti un revenu, a minima décent, jusqu'à la fin de leurs jours. Ajoutons qu'il nécessite également que soit compensée, par un accompagnement à domicile ou un accueil en établissement, leur éventuelle dépendance due au grand âge ou à l'usure de la vie.
Ce moment de basculement de l'activité à la retraite doit prendre en considération la vie professionnelle passée, sa durée, la pénibilité des tâches accomplies, mais aussi les conséquences, sur la santé et l'énergie de tout un chacun, de sa propre constitution comme des événements et des aléas de l'existence. A trop vouloir retarder l'âge de l'autorisation à prendre sa retraite, pour quelque prétexte économique ou idéologique que ce soit, on court le risque d'avoir, dans les entreprises, des employés démotivés, dans la société, des individus coûteux pour son système de soins et, dans la cité, des citoyens désabusés. Sans compter que la population dite active serait amenée à garder dans ces rangs de plus en plus de vieux chômeurs à défaut d'être devenus de nouveaux retraités, en un dérisoire et humiliant jeu de vases communicants.
Faut-il préciser que les retraités sont, pour beaucoup d'entre eux, des acteurs sociaux bénéfiques, par leurs occupations associatives, mutualistes, politiques ou « grand-parentales », et, tous, des acteurs économiques utiles, en tant que consommateurs, usagers, contribuables et souvent épargnants ?
La question qui, en fait, nous est posée est de savoir quelle part du PIB, quel volume de redistribution de la richesse produite par la nation, pouvons-nous, devons-nous, voulons-nous consacrer à l'indispensable indemnisation des personnes retraitées. Elle interroge sur l'âge ou les âges de la sortie de la vie active, de son éventuelle gradation, du minimum d'allocation à verser et, par la même occasion, d'un maximum raisonnable. Elle questionne sur les revenus ou les patrimoines qu'il conviendrait de solliciter pour pourvoir à cette redistribution, dans quelles mesures et avec quelles progressions.
La réponse à ce défi générationnel du vingt-et-unième siècle ne peut s'exonérer des principes de justice sociale, de solidarité nationale et d'équité républicaine qui déterminent dorénavant l'organisation de la société française. Et rappelons, à toutes fins utiles, que semblable enjeu existe aussi quant à l'éducation, la formation, l'émancipation et l'insertion professionnelle des jeunes de notre pays. Dont on sait bien qu'il s'agit du meilleur investissement que la société puisse faire pour elle-même. Et pour contribuer notamment au financement de ses retraites.