Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Même si le taux de prélèvements obligatoires atteignait 50 % en France (il est à un peu plus de 46 % aujourd'hui), pourquoi faudrai-il s'en offusquer ? En quoi le fait de consacrer la moitié de la richesse créée par le pays à l'action publique et à la solidarité nationale ne serait pas une bonne chose ? Se préoccuper de diplomatie, de défense, de sécurité, de justice, d'éducation, de culture, de formation, de recherche, de santé, de logement, de mobilité, de cadre de vie, d'emploi, de développement économique, de transition énergétique, de protection sociale, d'égalité territoriale et d'y allouer des moyens collectivement mobilisés, ne serait-ce pas profitable, sinon indispensable, au fonctionnement d'une société moderne ? Que ce qui sert l'intérêt général et bénéficie directement ou indirectement à tous puisse coûter autant que ce que consomment ou épargnent, pour leurs besoins ou projets particuliers, individus et organismes privés, serait-ce indécent ou incongru ?
Les dépenses collectives, outre qu'elles sont réfléchies et décidées de manière démocratique et républicaine, engendrent tout autant du travail, de la croissance ou de l'innovation que les autres, voire peut-être même davantage. Elles ont, souvent, une dimension d'investissement à moyen ou long terme à même de préparer l'avenir et, presque toujours, une grande utilité pour la bonne marche des activités privées quelles qu'elles soient. Sans oublier les nombreuses commandes et subventions publiques qu'elles procurent aux entreprises. Reste, bien évidemment, à s'assurer que les recettes correspondantes soient prélevées le plus judicieusement et le plus justement possible. Ce qui est un sujet central dans tout programme économique digne de ce nom, fût-ce en temps de crise financière systémique et de réduction de dette souveraine. Et qui a un nom : la politique fiscale.