Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
On aurait tort d'attendre que les élections municipales soient passées dans notre pays pour commencer à s'intéresser au scrutin européen. Les deux échéances politiques, au deux bouts de la chaîne démocratique, sont aussi importantes l'une que l'autre. Choisir ses représentants au parlement européen est au moins aussi décisif que de désigner ses édiles locaux, y compris pour la vie quotidienne de chacun.
Le rôle des députés européens est devenu primordial dans la gouvernance de l'Union et leur représentation démocratique à l'échelle du continent leur confère une légitimité plus forte encore que celle du Conseil qui regroupe les exécutifs nationaux des vingt-huit États. Ce que les traités européens ont petit à petit validé et vont d'ailleurs continuer de faire. Au point que le prochain président de la Commission, le gouvernement de l'Union, devrait être choisi en fonction de la prochaine majorité parlementaire.
Ne nous méprenons pas : si les missions de l'Europe pour ses habitants, ses ménages, ses entreprises ou sa jeunesse sont fixées aujourd'hui par des textes ratifiés par tous les pays et influent sensiblement sur la marche de chacun d'eux, les orientations et les décisions qui sont prises et mises en oeuvre par Bruxelles dépendent surtout de choix politiques. Dans tous les compartiments du jeu, et il y en a beaucoup, une inspiration néolibérale ou conservatrice n'aura pas du tout les mêmes conséquences qu'une feuille de route social-démocrate et écologique.
Que ce soit sur la hauteur et l'usage du budget de l'Union qui sert notamment à financer de grandes infrastructures, des programmes économiques ou sociaux et la solidarité entre les territoires, que ce soit dans la réglementation de la finance ou l'harmonisation fiscale, sociale, sanitaire ou environnementale, par exemple, on se doute bien que, comme partout ailleurs, droite et gauche ce n'est pas du tout pareil.
Depuis de nombreuses années, une majorité de droite sévit au parlement de l'Europe avec le piètre résultat que l'on peut mesurer aujourd'hui dans bien des domaines. Jusqu'à poursuivre une gestion mollassonne et petit bras de la crise du moment dont l'Union peine à sortir et avec elle la plupart de ses peuples, alors qu'elle représente la première puissance économique mondiale. Jusqu'à avoir réussi à dégoûter des millions d'Européens de l'idée même d'Europe, pourtant symbole de paix, de fraternité et de progrès aux yeux du reste du monde !
Sans doute est-il temps de changer de message, de paradigme, d'objectifs, de politique : une autre Europe est possible. Elle est même devenue nécessaire. Pour la relance économique et l'emploi, pour la résorption de la pauvreté et des inégalités, pour la transition énergétique, pour les mutations technologiques ou pour la sécurisation de la planète, l'Union européenne a un rôle essentiel à jouer. Faisons en sorte qu'elle soit enfin en mesure de le faire.