Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Renforcer l'institution, fédérer davantage, pousser l'intégration, diriger au niveau continental, imposer une autorité communautaire aux gouvernements et aux parlements des pays, telle est la rhétorique politico-médiatique du moment, à la veille d'un sommet européen des vingt-sept dirigeants. Il en va, nous dit-on, de la diminution des taux d'emprunts, de la réduction des dettes souveraines,, de la limitation des déficits publics, de la lutte contre la récession, voire de la survie de la monnaie. Ce qui est probablement vrai.
Et si, pour autant, le bon raisonnement c'était de penser l'avenir des Européens par le bas. En mettant sur un pied d'égalité tous les résidents de l'union, quelles que soient leur nation, leur région, leur commune. En considérant pareillement l'intérêt ou les besoins de chaque individu, de chaque ménage, chaque usager, chaque consommateur, chaque épargnant et chaque contribuable, de chaque actif, chaque retraité ou chaque jeune, de chaque citoyen. En traitant de la même manière la régulation et la stimulation de leurs entreprises, de leurs banques, de leurs services publics, de leurs administrations, de leurs collectivités locales. En mettant au point, à la plus grande échelle, les instruments de la solidarité et de la justice, du progrès et de la coopération, de la paix et de la sécurité, de telle façon qu'ils bénéficient à tous. Ni plus, ni moins.
Les représentants du peuple, nationaux ou européens, tous élus démocratiquement, ne devraient plus concevoir de programmes économiques et sociaux sans se préoccuper de la vie quotidienne, des attentes et des aspirations de chacun des cinq cent millions d'habitants d'une union qu'ils ont voulue parce qu'elle était devenue nécessaire pour elle-même et pour le monde. L'exercice politique n'est pas si difficile, n'étant qu'une question de point de vue. Il est, à tout prendre, salutaire. Et, sans doute même, dorénavant indispensable. La crise financière, la contrainte écologique, les ravages de la pauvreté et de la précarité, du chômage et du sous-emploi, ne laissent plus le choix. Oui, l'Europe reste encore à faire. Mais une Europe des gens. Et une Europe qu'il faudra aussi élargir à d'autres populations.