Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
L'union européenne va mal. L'union européenne est à la peine. L'union européenne ne fait pas grand chose de bon depuis un certain temps. L'union européenne ne répond plus aux attentes sinon aux besoins de ses citoyens. L'union européenne a rapidement révélé son incapacité actuelle à assumer le rôle qui devrait être le sien face à la crise économique. L'union européenne, l'une des plus belles utopies réalisées de l'humanité, est en panne et ne fait plus rêver grand monde. Il faut dire que l'union européenne est dirigée, depuis plusieurs années, par une majorité de libéraux et de conservateurs.
Les élections européennes de juin prochain peuvent être l'occasion de changer cela et la gauche européenne a une formidable occasion d'y parvenir. Les partis socialistes et socio-démocrates de tous les pays de l'union ne s'y sont pas trompés et on su faire cause commune en adoptant unanimement, en décembre dernier, à Madrid, un manifeste opportunément intitulé "Les citoyens d'abord, un nouveau sens pour l'Europe". Ce texte, concocté par le Parti Socialiste Européen, a fait l'objet d'une consultation préalable de neuf mois au sein des partis nationaux et a également bénéficié des nombreuses contributions directement sollicitées auprès des adhérents ou volontairementt transmises par des syndicats, des fondations et des ONG.
Le manifeste de Madrid ne se prive pas de ratisser large et a bien raison de le faire, tant les enjeux pour l'Europe politique sont divers et incontournables : relancer l'économie et empêcher de nouvelles crises financières ; améliorer la vie des citoyens dans une nouvelle Europe sociale ; faire de l’Europe le leader mondial de la lutte contre le changement climatique ; promouvoir l'égalité entre les sexes ; élaborer une politique efficace de l’immigration ; renforcer le rôle de l'Europe comme partenaire pour la paix, la sécurité et le développement...
S'il ne faut certes pas exagérer le pouvoir du Parlement européen que tempèrent le conseil des chefs d'état ou les législateurs nationaux, il ne faut cependant pas le sous-estimer : C'est notamment des rangs de la prochaine majorité parlementaire que sortira le président de la commission européenne, le "gouvernement" de l'union. Et un parlement conduit par des idées progressistes est à même de voter des directives qui soient profitables aux travailleurs, à la création d'emplois, à une croissance verte et intelligente, à la garantie de salaires minimaux, à la reconnaissance des services publics, à une réglementation efficace des marchés financiers, à des politiques concertées en matière d'industrie, d'énergie, de transports, d'environnement ou de fiscalité.
Les élections européennes représentent un rendez-vous militant de première importance proposé pour bientôt aux socialistes français. Leurs fédérations et leurs sections doivent pouvoir s'y préparer dès maintenant. Et le manifeste de Madrid s'avère un excellent stimulant pour le débat et la mobilisation. Pour construire partout une victoire accessible et nécessaire.