Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
S'il y a, au moins, une bonne raison, pour les électeurs comme pour les militants, de vouloir peser sur le renouvellement, en juin prochain, du Parlement européen, elle nous vient de la crise financière, économique, sociale et probablement culturelle que nous sommes en train de vivre.
Aucun analyste, observateur, acteur ou décideur ne tait plus aujourd'hui que la résolution du problème passe par l'union européenne. Que c'est à ce niveau que des décisions sont à prendre qui auraient des chances sérieuses d'influer positivement sur le cours des événements.
Pour tenter de rebondir, les Américains ajoutent, à leur colossal endettement privé - ferment de la crise -, une dette publique volontairement accrue qu'acceptent de financer des Chinois qui en profitent pour déprécier, davantage encore, leur monnaie et aggraver, toujours plus, leur excédent commercial. Ce n'est ni des uns, ni des autres que les pays européens ne tireront leur relance.
C'est en coordonnant leurs politiques et leurs initiatives, en les confortant, en les consolidant, qu'ils seront en capacité, non seulement de permettre à leurs économies et à leurs sociétés de sortir le plus rapidement possible de la crise, mais également de contribuer à sa résorption dans le monde. Le nouveau parlement européen aura, tout de suite, bien du grain à moudre, laissé dans le sac jusque là.
C'est d'abord une action ambitieuse, courageuse et solidaire pour restaurer, dans tous les pays de l'union, les capacités publiques et privées de financement de l'activité économique. C'est ensuite, pour produire des emplois nombreux, durables, nouveaux, utiles et intéressants, un puissant effort communautaire d'investissement dans les industries (notamment vertes), dans les énergies (notamment renouvelables), dans les transports (notamment ferroviaires ou fluviaux), dans la recherche et dans la formation. C'est également le beau et vaste chantier européen de l'harmonisation sociale, fiscale et environnementale, à même d'améliorer les salaires et les conditions de travail, de conforter les services et les équipements publics, de préserver les ressources naturelles et les cadres de vie. C'est enfin la mise en débat, avec les autres continents, d'une réforme devenue inévitable dans la fabrication et la régulation des instruments financiers utilisés par les banques et les gouvernements.
Disons-le tout net. Un tel pilotage politique de l'Europe ne peut pas être opportunément confié à une majorité parlementaire libérale ou conservatrice. Cette occasion unique de changer en profondeur la distribution des pouvoirs, des priorités et des richesses, ne doit pas être négligemment perdue par les Socialistes européens. Chacun d'eux sait donc ce qu'il lui reste à faire. Ici et maintenant.