Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les partis socialistes des vingt-sept pays de l'Union ne seraient pas d'accord entre eux lors de cette campagne des Européennes ! Faux : ils ont composé ensemble et portent collectivement un programme commun, un manifeste électoral qui, comme son nom l'indique, est une déclaration écrite par laquelle les Socialistes européens explicitent leurs idées, justifient leur projet et définissent leurs propositions. Soit, mais ils verraient bien le sortant Barroso se maintenir à la présidence de la Commission européenne ! Faux : si le Parti socialiste européen arrive en tête au soir des élections, le nouveau patron de la commission sera issu de ses rangs.
Le manifeste du Parti socialiste européen ne serait pas assez... socialiste ! Pas socialiste, la volonté concrète d'une croissance verte ? Pas socialiste, la perspective réaliste de la création de millions d'emplois ? Pas socialiste, l'ambition volontariste d'une régulation financière et économique mondiale ? Pas socialiste, le projet de clause de progrès social ou de préservation des services publics ? Pas socialiste, la demande d'augmenter le budget de l'Union et d'instaurer sa capacité d'emprunt ? Pas socialiste, l'idée d'investir massivement dans la formation, la recherche, les innovations industrielles, les transports ferroviaires ? A l'évidence, il y a bien là de quoi donner un nouveau sens à l'Europe et la priorité aux besoins de ses citoyens.
Pas socialiste non plus, l'élaboration intelligente d'une agriculture respectueuse à la fois de l'environnement, des consommateurs et des producteurs ? Pas socialiste, l'ambition de lutter véritablement contre toutes les émissions de gaz à effet de serre ? Pas socialiste, la revendication d'aboutir, partout en Europe, à une réelle égalité entre les femmes et les hommes ? Pas socialiste, l'affirmation d'une politique humaniste et cohérente de l'immigration ? Pas socialiste, l'engagement à faire de l'Union le moteur de la paix, de la sécurité et du développement sur toute la planète ? Ceux qui s'interrogeraient encore pourront relire la Déclaration de principes du Parti socialiste français, dans la version renouvelée et plébiscitée par ses adhérents, il y a moins d'un an.
Les déçus et les intransigeants du socialisme nous auront permis de vivre, en France, douze ans de chiraquisme et un quinquennat de sarkozisme. Vont-ils contribuer, par la déperdition de leurs voix, à nous offrir quelques belles années supplémentaires de libéralisme, de conservatisme et de réaction à l'échelle de l'Union ? Des centaines de millions d'Européens, confrontés à des difficultés récurrentes, attendent tout de suite des résultats tangibles pour leur quotidien, en matière de revenu, de santé, de formation, de protection sociale et de cadre de vie, de conditions de travail et d'accès à l'emploi, de droits et de libertés.
Sur tous ces sujets, le parlement européen joue ou peut jouer un rôle déterminant. Même des progrès modestes seraient préférables au statu quo ou, encore plus probable en cas de succès de la droite, à de nouvelles régressions. Si nous sommes socialistes, efforçons-nous de ne pas décevoir. Faisons campagne, sans réserve, pour de vrai, pour convaincre, pour gagner !