Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les points qui pourraient manquer au score du PS à l'issue du scrutin du 7 juin ne sont probablement pas à trouver au Front de Gauche, au MoDem ou chez les Verts, mais bien davantage auprès de nombreux Français qui ne se décident pas à aller voter ou à choisir pour qui voter.
Le Front de Gauche mobilise, 1, les tenants du communisme, 2, des anticapitalistes ayant fait la moitié du chemin qui mène de la révolution à laquelle ils ne croient plus, au réformisme auquel ils ne sont pas encore convertis, et 3, des progressistes déboussolés qui sont en train de faire le trajet inverse.
Le MoDem se nourrit, 1, des adeptes de la démocratie chrétienne (il y en a encore pas mal en France et en Europe), 2, d'électeurs conservateurs qui, anti-Sarkozy mais pro-Europe, n'ont pas d'autre choix s'ils veulent voter et 3, d'enthousiastes du Bayrou du premier tour de la dernière Présidentielle qui n'ont pas encore dégrisé.
Les candidats d'Europe Ecologie ont, quant à eux, la préférence de ceux de nos concitoyens qui, pour le dire vite, sont persuadés que la protection de l'environnement doit devancer la protection sociale...
Des millions de nos compatriotes sont, on le sait bien, de sensibilité socialiste mais que le bruit des médias, les gesticulations du président de la république, l'inquiétude, le doute, l'incompréhension, les difficultés, la colère ou la lassitude peuvent finir par détourner des urnes ou du vote efficace. Comment les convaincre qu'un parlement européen de gauche, ce n'est pas pareil qu'un parlement européen de droite ?
Pas pareil pour plus tard et pas pareil pour tout de suite ; pas pareil pour l'action de l'Europe dans le monde et pas pareil pour la vie de tous les jours ; pas pareil en ce qui concerne les priorités qui pourront, ou pas, être données à la relance économique et à la création d'emplois, aux niveaux des salaires et aux conditions de travail, aux services publics et aux transports collectifs, à la lutte contre les pollutions et aux progrès de la santé, aux droits et aux libertés... Pas pareil du tout, même.
Comment convaincre que cela vaut vraiment le coup de prendre la peine de voter majorité de gauche contre majorité de droite et donc PSE contre PPE ? Que ne pas le faire, c'est s'exposer rapidement à d'amères regrets ? Comment sinon en le disant, en le répétant, à l'envi, jusqu'au bout, par dessus le bruit des médias, de proche en proche, de bouche à oreille et, surtout, en parlant de raison à raison.