Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les résultats électoraux du moment sont tombés, dans chacune des communes de France, des résultats indiscutables parce que démocratiques.
Et pourtant. Les médias grand public n'ont eu de cesse de répéter, durant des semaines, que ces scrutins à enjeux locaux pourraient bien sanctionner nationalement l'impopularité du gouvernement du pays (elle-même médiatiquement entretenue), devraient le faire, ne manqueraient pas de le faire, allaient le faire. Jusqu'à indiquer comment le faire : traîner les pieds et se dispenser de l'effort et du devoir citoyens ou, sans avoir besoin de réfléchir, stigmatiser par les urnes les partis au pouvoir et singulièrement le premier d'entre eux, celui du président de la république.
Au point de confisquer, au bout du compte, le vote de celles et ceux, les plus nombreux sans doute dans les isoloirs, qui se sont appliqués à s'exprimer en fonction d'un bilan et de projets locaux, en fonction de ce qu'ils vivaient sur place ou de ce qu'ils pensaient devoir être l'intérêt général des habitants de leur commune. L'électeur était appelé à choisir une politique municipale pour six ans, il se retrouve à sanctionner sur le moment une organisation politique, au motif de vilipender un chef d'État encore en place pour trois ans. Ce billard à plusieurs bandes n'a, lui, pas grand chose de démocratique.