Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
L'initiative individuelle, fût-elle stimulée par la puissance publique, ne permettra pas de résoudre pour de bon le considérable déficit de logements que connaît depuis longtemps notre pays.
Sans compter que le manque de revenus suffisants, un avenir professionnel incertain ou le refus de s'endetter durablement ne sont plus les seules raisons qui peuvent dissuader aujourd'hui un ménage d'accéder à la propriété. Ne pas forcément posséder sa maison pour satisfaire son besoin d'avoir un toit est une idée qui fait son chemin dans notre société : des choix économiques ou culturels peuvent amener à considérer son logement comme un service qu'il suffit de payer tous les mois, en prenant soin de le faire évoluer au fur et à mesure des événements de sa vie, un peu à la manière d'un abonnement et pour autant que le tarif soit raisonnable et la prestation correctement assurée.
C'est essentiellement par la construction de l'habitat à loyer modéré, locatif et collectif, auquel d'ailleurs une grande majorité des Français peut socialement prétendre, que nous avons quelque chance de produire les centaines de milliers de résidences principales, qui plus est aux bonnes dimensions et aux bons endroits, dont nous avons rapidement besoin. (D'autant plus besoin que cela permettrait, par la même occasion, de ramener le niveau de l'ensemble des loyers à de justes proportions). Les dispositifs législatifs, financiers, institutionnels et opérationnels existent déjà qu'il s'agit d'actionner, à la ville comme à la campagne. Pour cet exercice, l'État doit être, bien sûr, à la manoeuvre. Mais ce sont les collectivités locales qui sont en première ligne : leurs édiles auraient tort de ne pas se mobiliser et les administrés de ne pas les y encourager.
Ce qui est vrai pour le logement l'est aussi pour la mobilité. Pour celles et ceux qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas posséder ou piloter leur moyen de déplacement, le réseau des transports en commun est indispensable. Pour beaucoup d'autres, sinon pour tous les autres, il s'avère une alternative souhaitable ou souhaitée pour de nombreuses raisons : santé, sécurité, indépendance, moindre dépense, empreinte écologique, environnement sonore et visuel... Mais, là-aussi, la présence, la fiabilité, le confort, l'accessibilité, la fréquence, la cohérence d'un tel service dépendent essentiellement des gouvernances territoriales.
Faire en sorte que chacun puisse disposer d'un logement convenable, lui-même connecté à un réseau de transports en commun efficient représente, pour notre nation, un magnifique défi politique à relever. Et, en même temps, une formidable opportunité : par leurs développements, transport en commun et logement collectif sont en mesure d'être de puissants vecteurs d'investissements productifs, d'innovations techniques et de renouvellement de l'urbanisme, mais aussi d'économies d'énergie, de diminution des pollutions et de préservation des espaces naturels, ou encore de lien social, d'amélioration du cadre de vie et d'élévation du pouvoir d'achat. Tout pour plaire, en somme.