Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les trois organisations patronales habilitées à participer à la conférence sociale convoquée pendant deux jours, à la demande du président de la république, sont sensées pouvoir représenter l'ensemble des entreprises, les grandes, les moyennes, les petites et même les toutes petites. Les salariés aussi y ont bien évidemment leurs représentants. Mais quelle est la place de celles et ceux qui sont privés d'emploi, ou qui ont à subir des contrats ou des conditions de travail précaires, ou qui peinent à trouver une première insertion professionnelle ? Quelle est la place des apprentis, à la fois employés et élèves ? Quelle est la place de celles et ceux qui, après leur vie de labeur, perçoivent une pension insuffisante pour vivre décemment ? Et qu'ont-ils, tous ceux-là, à nous dire ?
Certes, les cinq confédérations syndicales autorisées à siéger ne devraient pas négliger, dans leurs revendications et la négociation, ces catégories de leurs mandants, somme toute nombreuses. La situation de crise économique et l'occurrence d'une alternance politique devraient les y encourager sinon les y contraindre. Mais, tout autant voire davantage, le gouvernement qui participe à cette conférence devrait lui-même se faire l'avocat des actifs et des retraités les plus fragiles du pays, puisqu'il a fait de la justice sociale et de la solidarité nationale les conditions de chacune de ses réformes. On attend, du premier ministre de la France, un propos clair et engagé à ce sujet, en ce début d'une concertation qui pourrait faire date si elle n'oubliait personne, cette fois-ci.