Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Mutualiser les risques et les efforts, en même temps que les ressources et les atouts. Demander plus à ceux qui ont plus et donner plus à ceux qui ont moins. Accompagner les plus fragiles, par l'âge, la santé, le statut social ou la situation économique, jusqu'à leur permettre d'être ou de redevenir autonomes. Contribuer, par un engagement collectif, approprié dans sa dimension et sa durée, à combler le déficit, à réduire la dette, à réparer le déséquilibre, à compenser la carence. Répartir équitablement impôts, revenus, prestations et investissements. Tels sont les attributs d'une solidarité bien comprise.
Sauf à sacrifier délibérément des catégories entières de leurs populations en les rendant, à la fois et pour longtemps, pauvres et amères, ni la France, ni l'Union européenne ne pourront éviter de faire de la solidarité le premier critère de leur action politique. Jeunes, actifs ou retraités, habitants des villes, des campagnes ou des îles, Européens du nord, du sud ou de l'est, ils sont très nombreux tous ceux à qui les effets de la crise financière, de la récession économique et du déclassement social font un quotidien et des lendemains difficiles.
La monnaie unique, la mondialisation, la montée des coûts des matières premières ou les contraintes environnementales sont, à l'évidence, des réalités incontournables, inhérentes à l'histoire moderne de l'humanité et qu'il faut prendre en considération, sans rechigner. A l'inverse, le dysfonctionnement des échanges commerciaux, le dérèglement des marchés financiers, la mauvaise appréciation des monnaies ou le gaspillage des consommations énergétiques doivent être impérativement corrigés, sans tergiverser.
Dès lors, aucun progrès significatif et durable ne sera possible s'il ne se fonde d'abord sur un principe de solidarité. Une solidarité qui doit aujourd'hui concerner les budgets publics et la fiscalité, mais aussi les banques, mais également le marché du travail, mais encore la protection sociale, mais tout autant la transition écologique. Beau chantier en perspective. C'est dire s'il va falloir, en la circonstance, dans notre pays comme à l'échelle de notre continent, faire preuve de volonté et d'imagination. Et d'un petit peu d'abnégation, sans doute.