Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Si la richesse produite par la France chaque année (le produit intérieur brut) a plutôt tendance à stagner en ce moment, alors même que le nombre de ses habitants continue de croître, il est plus que temps d'en améliorer la répartition entre ses différentes affectations : la rémunération des travailleurs ; la rétribution des investisseurs, des prêteurs, des assureurs, des spéculateurs ou des dirigeants ; le financement des services publics, des infrastructures collectives, de l'administration du pays et de son fonctionnement démocratique ; la dotation de la protection sociale ; la contribution aux dépenses d'avenir.
Préciser de nouveaux miniums pour les salaires, les retraites, les allocations, de telle manière que les attributaires en bénéficient et en vivent décemment, s'assurer que les services publics profitent à tout un chacun avec une même qualité d'accès et de fourniture, se préoccuper que chaque territoire dispose des infrastructures collectives dont ses résidents et ses entreprises ont besoin, favoriser la formation professionnelle et la production soutenable, sont autant de critères déterminants pour organiser cette répartition.
Quand on sait que la taxation du capital (10% en moyenne) est deux fois moindre que celle du travail (20% en moyenne), quand on sait que les échelles des salaires sont d'une longueur démesurée, quand on sait que le dixième des ménages français les plus riches perçoit un quart des revenus et détient la moitié du patrimoine, quand on sait que les bénéfices abondent davantage les placements que l'autofinancement, on n'ignore plus que des marges de manoeuvre significatives existent pour faire évoluer la répartition du PIB de notre pays.
Négociation sociale, réforme fiscale, réglementation, régulation, budgets, initiatives et incitations publiques, usage de l'épargne, les instruments ne manquent pas au législateur, au gouvernement et aux collectivités territoriales pour créer les conditions d'un autre partage du PIB. En lui permettant, par la même occasion, de retrouver une croissance bienvenue. En 2011, le PIB de la France a dépassé les deux mille milliards d'euros. En 2012, une nouvelle donne politique serait à même d'utiliser dorénavant plus justement et plus efficacement la richesse créée par la cinquième puissance économique de la planète.