Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
François Bayrou, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ont beau dire, ont beau faire, ils ne seront pas au second tour de l'élection présidentielle, pas chef d'état. Ils ne l'ignorent pas, du reste. Mais ils ont toutes les raisons de jouer gagnant car, en politique aussi, il vaut mieux faire envie que pitié. Ces trois compétiteurs, aujourd'hui au coude à coude, ne s'en privent pas et peuvent, chacun dans son registre, proclamer leurs thèses et leurs promesses avec d'autant plus d'aplomb et d'emphase qu'ils n'auront pas l'occasion de devoir en prouver la validité en assumant le pouvoir suprême. Ils le font avec d'autant plus d'entrain qu'il y a une troisième place à gagner sur le podium élyséen qui, si elle est éliminatoire, n'en procure pas moins une médaille de bronze éventuellement monnayable pour le second tour.
Le seul candidat possible qui reste aux électeurs de la droite de l'échiquier politique, Nicolas Sarkozy, désespérément à la remorque de son principal challengeur, fait feu de tous bois pour tenter de sauver sa tête, usant de la méthode Coué autant que du tir à vue, n'hésitant pas à cultiver l'outrance, l'esbroufe, le mensonge et la contradiction, embarrassé qu'il est par un piètre bilan et une image calamiteuse. Le mieux à même de remporter l'élection et de répondre à une envie et un besoin de changement, François Hollande se doit, quant à lui, de démontrer qu'il saura remplir la fonction en révélant un discours, un programme et une posture, à la fois ambitieux, volontaires et raisonnables. Cette partition est moins ébouriffante, moins affriolante ou moins fanfaronne que celles de ses concurrents. Mais elle est - paroles, musique et tempo - beaucoup plus appropriée.