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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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La culture, la justice, la jeunesse.

 

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Bien sûr qu'il va falloir augmenter le budget de l'État accordé à la culture ! Et aussi celui de la justice. Et encore celui qu'il convient d'allouer à la politique de la jeunesse.

 

Les pratiques culturelles sont pour nous tous - jeunes, actifs et retraités - des outils irremplaçables pour notre émancipation, nos capacités d'information, de communication, de compréhension, de réflexion, d'imagination, de décision, d'initiative, d'invention. Par l'éducation artistique, la qualification des professionnels, la modélisation des institutions, la distribution des établissements sur le territoire (musées, salles d'expositions, de concerts, de spectacles, de conférences, de lecture, de débats), le soutien aux auteurs, aux interprètes et aux médiateurs, l'investissement dans les programmes audiovisuels publics et par une contribution déterminante à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine autant qu'à l'émergence et à la promotion de la création, l'État républicain joue indéniablement son rôle. Il lui faut les ressources pour l'assumer.

 

Autre facteur de liberté, d'égalité et de fraternité, la justice de notre pays doit impérativement bénéficier d'une réévaluation conséquente de son budget pour effectuer sa mission essentielle dans la pacification et la cohésion sociales. Au-delà des procédures qui devront à l'évidence être revisitées par le législateur à l'aune du respect de la personne, davantage de magistrats, de greffiers, d'enquêteurs, de personnels d'éducation, de santé et de surveillance sont nécessaires, autant que l'humanisation du traitement des détenus, des prévenus, des victimes, des justiciables. Tant il est vrai que le fonctionnement de la justice est la vitrine d'une démocratie, qui plus est en France, patrie des droits de l'homme.

 

L'éducation nationale, l'enseignement supérieur, la formation professionnelle initiale représentent aujourd'hui des priorités à retrouver dans notre pays et des réformes ambitieuses à effectuer, pour le plus grand profit de nos jeunes concitoyens. Mais une politique de la jeunesse doit savoir prendre en considération la question du temps libre et celle de l'autonomie que ne peut ignorer un État social et moderne. C'est garantir, pour tous les enfants, des vacances et des loisirs collectifs avec des équipements adaptés, des personnels qualifiés et des dispositifs renouvelés. C'est autoriser, encourager, engager pédagogiquement et matériellement les adolescents et les jeunes adultes à mener par eux-mêmes, à plusieurs ou seuls, des projets de longue haleine et dont le caractère social, humain, culturel, environnemental ou international puisse être exonéré d'une obligation de rentabilité. C'est fournir aux jeunes qui poursuivent leurs études ou se préparent à entrer dans la vie active, les moyens d'une autonomie financière à même de leur éviter situation de pauvreté, statut d'employé corvéable ou dépendance familiale.

 

Culture, justice, jeunesse, voilà trois domaines où une gouvernance de gauche doit pouvoir se faire remarquer et se distinguer de la concurrence. Y consacrer quelques dixièmes de points de PIB ne ruinera pas notre pays, ni les contribuables (si l'impôt est équitablement levé, bien entendu). Mieux, il est fort à parier que la baisse des dépenses ou la hausse des recettes réalisées dans différents secteurs de l'économie nationale grâce à ces politiques vertueuses, compenseront rapidement l'effort budgétaire d'abord consenti par la collectivité. De sorte que seul un parti-pris idéologique peut, au bout du compte, s'effaroucher de cette offre programmatique. En période électorale, un tel clivage tombe bien. Et le camp du progrès ne doit surtout pas se laisser confisquer, par la droite ou ses relais médiatiques et pour de mauvaises raisons prétendument économiques, des aspects emblématiques de son projet.

 

 

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