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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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Un effort national pour quoi faire ?

 

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La situation économique n'est pas bonne dans l'Hexagone. Les entreprises peinent, pour beaucoup, à trouver des débouchés à leur production, à passer commande à leurs fournisseurs, à investir pour leur développement, à créer des emplois, quand ce n'est pas à pouvoir emprunter. Et la puissance publique a bien des difficultés pour financer services d'intérêt général et infrastructures collectives, solidarité et projets d'avenir. Mais la situation sociale n'est pas meilleure et de plus en plus nombreuses sont les victimes de la pauvreté ou de la précarité, du chômage ou du sous-emploi, des inégalités ou du déclassement.

 

De sorte que l'effort qui va être exigé des contribuables, des consommateurs et des travailleurs, pour remettre le pays sur de bons rails, s'il peut se comprendre, doit être d'abord précisé dans sa nature et ses objectifs pour pouvoir être apprécié et éventuellement accepté.

 

Si l'effort qui est demandé à la société peut permettre, à brève échéance, de favoriser et garantir l'octroi à chacun de ressources et d'un logement décents et d'un accès effectif aux différents services publics, au rang desquels, la formation, la santé et la sécurité doivent figurer en bonne place, alors la réponse est oui, trois fois oui. Mais si l'effort requis a pour finalité de favoriser et garantir de confortables rémunérations à des investisseurs, des prêteurs, des assureurs, des spéculateurs ou des dirigeants, d'autant plus généreuses que la crise financière renchérit à plaisir les taux d'intérêts, alors la réponse est non, trois fois non.

 

Si l'effort est partagé équitablement entre tous les agents économiques, particuliers, entreprises et banques, en fonction de leurs revenus, de leurs profits et de leur patrimoine par une fiscalité réformée et progressive, il faut l'assumer, sans hésitation. Mais si l'effort doit être réalisé par des hausses de taxes acquittées par les ménages, aussi nombreuses qu'injustes parce que payées dans les mêmes proportions par tous et plus lourdement par ceux qui ne peuvent pas beaucoup épargner, s'il doit être assuré par un tassement des minima sociaux ou une déréglementation du travail, alors il ne faut pas craindre de le refuser, sans aucun scrupule.

 

Face à ces alternatives, gouvernement et parlement de notre pays vont avoir à choisir. Une alternance politique significative a eu lieu en France. Elle s'est faite sur des promesses, raisonnables mais engagées. On en attend, sereinement mais fermement, la traduction dans les faits.

 

 

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