Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
C'est l'incontestable et incontestée Cour des comptes de la république française qui le dit. Il faut trouver dix milliards d'euros de plus pour boucler le budget de l'État cette année. Cela représente un demi pour cent du PIB de la nation. A titre de comparaison, 0,5 % d'un SMIC mensuel, c'est 5 euros. Pas de quoi s'affoler donc. Et, en 2013, ce chiffre serait d'un peu plus de trente milliards (15 euros...). Toujours de quoi rester calme.
Rappelons que les exonérations fiscales parfaitement inutiles à la bonne marche du pays, totalisent au bas mot la somme rondelette de soixante milliards d'euros par an. Plus fascinant encore, évasion et fraude fiscales atteignent leurs soixante-dix milliards annuels bien tassés, selon les évaluations les plus raisonnables. De sacrées marges de manoeuvre pour résoudre notre problème budgétaire, même si le PIB a tendance à stagner, en ce moment. Et sans qu'il soit donc besoin de comprimer les salaires, les retraites, les allocations ou les prestations sociales ni de réduire les services publics, alors même qu'il conviendrait d'améliorer sensiblement les uns et les autres.
Si l'on se souvient que la rémunération du capital est moins imposée que celle du travail (un rapport de un à deux, en moyenne), que les taxes sur la consommation (pourtant plus injustes) sont aujourd'hui d'un bien meilleur rendement que l'impôt sur le revenu (lui-même insuffisamment progressif) et que les grandes entreprises sont proportionnellement bien moins imposées que les PME, on mesure tout l'intérêt, pour le problème qui nous préoccupe, de la réforme fiscale de grande ampleur que le nouveau président de la république a eu la bonne idée d'inscrire à son programme.
Et nous voilà, dès lors, complètement rassurés. Persuadés, de surcroît, que les nécessaires investissements publics pour l'éducation, la formation, la recherche, l'innovation, la conversion énergétique, la renaissance industrielle, la modernisation des infrastructures ne seront pas si difficiles à mobiliser. Et qu'il en restera même encore un peu pour la culture, la santé, le logement et la justice. Finalement, c'est une très bonne nouvelle que la Cour des comptes vient de nous livrer.