Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Bien sûr, on en comprend l'idée : un système d'imposition « écologique » est sensé peser sur des produits, des services ou des processus de production qui dépensent trop d'énergie ou émettent (entre autres) trop de gaz à effet de serre, de telle manière d'en éloigner les consommateurs et les entrepreneurs. Mais qui a le double inconvénient de n'empêcher personne de continuer comme avant si on a les moyens de payer le surcoût fiscal ou si on considère l'investissement vertueux moins rentable que le laisser-aller. Et de pénaliser tous ceux qui n'ont pas la possibilité matérielle ou financière de changer leurs habitudes, quand bien même ils seraient convaincus d'avoir à le faire.
Une alternative à la taxe écologique serait politique, économique et sociale. D'abord et parce que c'est salutaire pour le bien commun, contraindre chaque acteur par la loi aux bonnes pratiques dans tous les compartiments du jeu, en fixant des délais pour s'y conformer. (Un peu à l'image de ce qui a été fait pour l'accessibilité des espaces publics pour les personnes en situation de handicap mais sans la tolérance sur les normes ou le laxisme sur les échéances). Ensuite subventionner autant qu'il le faut ceux des ménages, des établissements et des territoires qui ont véritablement besoin d'être aidés pour réaliser leur mise à jour écologique. Enfin financer cet effort national en sollicitant la solidarité de l'impôt progressif, celui-là même qu'évoque si pertinemment, dans le texte, la Constitution de notre pays et qu'il s'agirait d'appliquer, sans aucune exception, aux revenus, aux bénéfices et aux patrimoines.
S'équiper d'une filière particulière de taxes, à la belle couleur verte, pourrait être tentant à un moment où la sauvegarde de la planète, de sa biodiversité et de son climat n'échappe plus à grand monde. Mais se dire qu'on a plutôt là une raison de plus de réorganiser l'ensemble de notre dispositif fiscal pour le mettre enfin à la dimension de la justice sociale, de l'efficacité économique et d'un progrès partagé (et désormais soutenable), est sans doute une meilleure idée.