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Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.

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Une autre Europe serait-elle en marche ?

 

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Vus de l'Hexagone, le résultat et la suite du scrutin européen de mai dernier sont pour le moins paradoxaux : À peine 6% des Français inscrits sur les listes électorales ont envoyé à Strasbourg des députés socialistes dont le groupe, dans le nouveau parlement de l'Union, est pourtant celui d'où est sorti son président. Un groupe, le PSE, qui fait presque jeu égal en nombre, dans la nouvelle assemblée, avec le premier de tous, le PPE libéralo-conservateur, et qui compte trois fois plus de membres que le suivant.

 

Pas plus de 8% des Français inscrits sur les listes électorales ont choisi les députés qui ont rejoint ce PPE, des rangs duquel provient, élu par le parlement, le nouveau président de la Commission européenne, le gouvernement de l'Union.

 

Et 10% des Français inscrits sur les listes électorales ont, quant à eux, désigné dans leur catégorie, l'extrême droite, le plus gros contingent de députés européens venus de leur pays, mais qui se sont avérés incapables de siéger dans un groupe et qui pèseront d'autant moins dans les décisions du parlement que l'ensemble fort disparate des europhobes et des eurosceptiques dont ils font partie, restera, quoique plus nombreux qu'auparavant, très minoritaire.

 

Il semble, par ailleurs, que pour la feuille de route qu'il a très officiellement présentée devant les parlementaires, le nouveau président de la Commission se soit beaucoup inspiré des préconisations que les sociaux-démocrates du PSE avaient distillées pendant la campagne électorale. Dont, notamment, un projet de relance de la croissance et de l'emploi en Europe par un investissement productif à hauteur de trois cents milliards d'euros sur trois ans, ce qui est considérable, quoique indispensable. Et, cerise sur le gâteau, le nouveau commissaire européen en charge des affaires économiques de l'Union devrait être justement un ancien ministre socialiste et français.

 

Au final, le changement qu'une majorité de nos concitoyens souhaitait dans le projet européen, qu'ils l'aient exprimé ou non dans les urnes, tout en doutant fort de le voir arriver, pourrait bien avoir lieu. Avec, dorénavant, en points de mire, une Europe de la diplomatie, une Europe de la défense, une Europe de l'énergie, une Europe du numérique, une Europe de la recherche, de l'alimentation, du médicament... Une Europe aussi, c'est important, de l'accueil et de l'intégration de migrants venus du monde entier. Mais également et surtout, une Europe de l'harmonisation sociale, fiscale, environnementale et du niveau des infrastructures. Certes, tout est à faire mais reconnaissons qu'il y a de quoi être plus optimiste aujourd'hui qu'hier.

 

 

 

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