Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Pourquoi faudrait-il renoncer à l'idée que la paix et la concorde règnent dans toutes les régions de la planète ? À ce que la liberté, l'égalité, la fraternité soient le lot de toute l'humanité ? A ce que le savoir, la santé, la sécurité, la prospérité le soient également ? Pourquoi faudrait-il que certains pays puissent connaître cela et pas les autres ? Ou bien que ceux-ci en soient privés pour que ceux-là puissent en jouir ? Ou bien que les uns doivent attendre plus longtemps que les autres pour y avoir droit ?
La devise de la nation française se suffit à elle même : les principes de laïcité, de solidarité ou de démocratie sont implicites dans ceux du triptyque liberté, égalité, fraternité. Et sa bienveillante vocation universelle - qu'il ne s'agit évidemment pas de partager par la force mais par la conviction et peut-être même par l'exemple - ne doit pas être écartée, reniée, oubliée. Car elle oblige d'autant, dans leurs comportements à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières, les sociétés qui ont fait leur le pacte républicain.
Osons le dire : qu'on apprécie ou pas la plume, le crayon, la ligne éditoriale d'une telle presse, il faut espérer qu'un jour, et le plus tôt sera le mieux, des « Charlie Hebdo » soient publiés, lus et autorisés dans tous les pays du monde. Et en ce début d'année, marqué en France et ailleurs par de si terribles et funestes événements, voilà le souhait qu'on peut formuler s'il faut sacrifier au rituel des voeux (qui d'ailleurs a son origine dans des traditions religieuses...).