Observateur, acteur et pédagogue de la vie politique, Patrick Palisson est, depuis longtemps, un citoyen engagé. Notamment dans la défense et la promotion de l'école de la république, des droits de l'enfant et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il est membre du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen.
Les grands de ce monde - comme on dit - nous avaient promis monts et merveilles lors de la création du G20, un groupe de travail réunissant les chefs d'état et de gouvernement des vingt pays les plus riches. La crise financière et économique serait le prétexte à une réorganisation et une moralisation (sic) des marchés et des profits financiers. On sait aujourd'hui ce qu'il en est advenu.
Hormis des moyens nouveaux et des réformes utiles opportunément obtenus pour le Fonds monétaire international par son directeur général, rien n'a bougé. Les banques se sont fait renflouer par les états en leur transférant les risques de faillite et, à tout le moins, la facture de l'endettement et du chômage. Mais elles n'ont rien changé ni à leurs pratiques ni à leurs instruments financiers. Les paradis fiscaux ont à peine senti le vent du boulet et, pas longtemps effrayés, s'en sont tenus à de vagues promesses qu'il leur suffira d'oublier. Les bonus des traders et autres rmunérations indécentes des cadres de la finance ont été un peu et momentanément réduits, après avoir été hypocritement pointés du doigt comme la cause de tous les maux. Bref, les rodomontades, les moulinets de bras et les shows médiatiques du G20 n'ont fait illusion qu'un temps.
Avec le rendez-vous mondial et écologique de Copenhague sous l'égide de l'ONU, l'illusion a été de plus courte durée encore. Les dirigeants des pays de la planète se sont mis d'accord sur rien si ce n'est de renvoyer aux calendes grecques une prise de décisions dont tous pourtant reconnaissent le caractère d'urgence : Chercher l'erreur ! Les millions de victimes de la pauvreté, du manque d'eau ou de la fonte des glaciers peuvent attendre...
Aussi indispensables qu'elles puissent paraître, la révolution écologique pas plus que la révolution financière ne sont pour demain. Il y a deux raisons à cela : la gouvernance politique des pays et l'organisation mondiale de l'économie. Sur l'une comme sur l'autre, des progrès sont à faire, c'est le moins qu'on puisse dire. Si l'on veut, pour de bon, «moraliser» les systèmes financiers et «écologiser» les modes de production, il convient d'asservir l'économie à la politique et d'assujettir la politique à l'intérêt général. Et il faut s'y atteler prioritairement, maintenant et, bien sûr, démocratiquement. En France aussi bien qu'ailleurs.